Guerre au Moyen-Orient : le dollar et le pétrole grimpent, l’or recule

Publié par Sarah Martin
le 04/03/2026
Guerre au Moyen-Orient : le dollar et le pétrole grimpent, l’or recule
Istock
L’or a décroché de plus de 5 % ce mardi 3 mars, à contre-courant d’un dollar et d’un pétrole en forte hausse. Dans un contexte de tensions croissantes au Moyen-Orient, les investisseurs réorientent leurs capitaux vers des actifs jugés plus stratégiques et directement liés aux enjeux géopolitiques.

Contre toute attente, le métal jaune ne profite pas de la panique. Ce mardi 3 mars 2026, le cours de l’or a enregistré une chute spectaculaire de plus de 5 %, retombant aux alentours de 5 029 dollars l'once, rapporte Capital. Un décrochage brutal pour cet actif qui frôlait pourtant des sommets historiques la veille encore.

Cette correction intervient dans un climat de tension extrême. Elle marque le quatrième jour d'un conflit ouvert caractérisé par des frappes américano-israéliennes contre l'Iran et des ripostes ciblant les infrastructures énergétiques régionales, précise Swissinfo. La réaction des marchés financiers est immédiate et contrastée : alors que l'or dévisse, les matières premières énergétiques explosent. Le baril de Brent a franchi la barre des 84 dollars, son plus haut niveau depuis juillet 2024, tandis que le gaz naturel européen bondit de plus de 40 %.

La ruée vers le cash supplante le métal jaune

Ce phénomène s'explique par une psychologie de marché bien particulière : la « fuite vers la liquidité ». Dans ce climat d'incertitude absolue, les investisseurs liquident leurs positions, y compris sur l'or, pour récupérer du dollar américain, jugé plus liquide et sécurisant. Bob Haberkorn, analyste chez RJO Futures, résume la situation pour CTV News : « Le mouvement de baisse de l'or semble être motivé par une fuite vers la liquidité - une fuite vers le cash ».

L’indice du dollar (DXY) a atteint un sommet à 99,22 points ce mardi, selon Capital. La mécanique est implacable : les États-Unis étant le premier producteur mondial de pétrole, leur devise se renforce mécaniquement lorsque les cours de l'énergie grimpent. À l'inverse, le yen, devise de zone importatrice, subit de plein fouet le coût de ces importations.

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Par ailleurs, la flambée des prix de l'énergie ravive les craintes inflationnistes. Cette perspective pousse les rendements obligataires à la hausse, ce qui réduit mécaniquement l'attrait de l'or, un actif qui ne rapporte aucun coupon ni intérêt, contrairement aux obligations d'État américaines.

Un retour durable de l'inflation pour les consommateurs

Pour les particuliers, cette configuration de marché a des répercussions immédiates. La hausse du brut se répercute déjà à la pompe avec des augmentations de 4 à 6 centimes par litre. Le pouvoir d'achat risque de se contracter rapidement si la tendance se confirme.

Du côté des placements, la nervosité est palpable. Kathleen Brooks, analyste chez XTB citée par Capital, observe que « les investisseurs vendent sans discernement, y compris des valeurs refuges comme l'or », pour se ruer vers les valeurs liées à l'énergie et à la défense. La stratégie d'investissement doit s'adapter à cette volatilité extrême.

La menace d'un blocage du détroit d'Ormuz, par où transite 20 % du pétrole mondial, plane sur l'économie. Si ce scénario se réalise, la pression sur les prix pourrait forcer les banques centrales à maintenir des taux élevés plus longtemps que prévu. Une telle décision pénaliserait durablement les actifs non rémunérés comme les métaux précieux, validant la préférence actuelle pour le dollar.

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