Sonia Mabrouk quitte définitivement l'empire Bolloré en démissionnant d'Europe 1 une semaine après CNews

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 13/02/2026
Sonia Malbrouk
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La démission de Sonia Mabrouk d'Europe 1 ce 13 février, une semaine après avoir quitté CNews, marque son départ définitif de l'empire Bolloré. Ce double départ choc, motivé par un "souci de cohérence" après l'affaire Morandini, révèle un conflit majeur entre l'éthique journalistique et la ligne éditoriale du groupe.

La rupture est totale entre Sonia Mabrouk et le groupe Canal+, scellée par sa démission d'Europe 1 ce 13 février, une semaine seulement après son départ de CNews.

Ce divorce médiatique, qui s'opère en deux temps, secoue violemment le groupe audiovisuel détenu par Vincent Bolloré. Alors que l'affaire Morandini continue de provoquer des remous en interne, la journaliste vedette a choisi de faire prévaloir ses convictions éthiques sur son poste, actant une scission définitive avec la direction.

Un double départ fracassant

Le calendrier s'est accéléré brutalement pour la figure de l'info. Sonia Mabrouk a d'abord créé la surprise en annonçant son départ de CNews le 6 février 2026. Une semaine plus tard, ce 13 février 2026, elle enfonce le clou en démissionnant d'Europe 1, marquant ainsi sa rupture avec l'ensemble des médias de la sphère Bolloré. Selon une déclaration transmise à l'AFP, la journaliste justifie cette décision radicale par un "souci de cohérence".

Elle précise que sa "boussole restera la préservation de l'intérêt des victimes", une position devenue intenable face à la gestion de l'affaire Jean-Marc Morandini. Ce double départ intervient dans un climat de tension extrême : bien que l'animateur ait annoncé son "retrait de l'antenne" de CNews le 9 février 2026, cette décision tardive n'a pas suffi à apaiser la situation ni à retenir la présentatrice de "Midi News".

Un conflit éthique face à la direction

Le point de non-retour a été atteint le 14 janvier 2026, date de la condamnation définitive de Jean-Marc Morandini par la Cour de cassation. La justice a confirmé une peine de 18 mois de prison avec sursis pour corruption de mineurs, sanctionnant des échanges de messages à caractère sexuel avec des adolescents, assortie d'une interdiction définitive d'exercer une activité en contact avec des mineurs.

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Malgré ce verdict, la direction de CNews a initialement choisi de maintenir l'animateur à l'antenne, provoquant une fracture interne. Sonia Mabrouk a refusé de cautionner cette ligne. Dès le 20 janvier, elle confiait son malaise en direct sur le plateau : "J'avoue que je n'en dors pas depuis plusieurs jours". D'après les informations rapportées par Libération, les relations se sont alors considérablement dégradées, la journaliste faisant état d'une "altération certaine et effective" de ses liens avec une partie de la direction. Une altercation aurait même éclaté avec Serge Nedjar, directeur de la chaîne, qui aurait invité les collaborateurs en désaccord à "prendre la porte".

L'avenir de CNews et de la journaliste

Ce départ symbolise une "fissure" inquiétante au sein de la "forteresse" CNews, pourtant première chaîne d'information de France en termes d'audience. Le malaise a largement dépassé le seul cas de Sonia Mabrouk. Sur l'antenne d'Europe 1, l'eurodéputé François-Xavier Bellamy avait d'ailleurs interpellé directement l'animateur controversé : "Partez, démissionnez !".

Ce séisme médiatique survient à un moment stratégique pour Vincent Bolloré, propriétaire du groupe, qui doit prochainement être auditionné par une commission parlementaire sur l'indépendance de ses médias. Pour Sonia Mabrouk, une nouvelle page s'ouvre. Alors qu'elle se concentre désormais sur son prochain congé maternité prévu au printemps, son profil suscite déjà l'intérêt de la concurrence. Selon Le Parisien, des discussions seraient en cours avec TF1 et BFMTV, laissant présager un retour rapide de la journaliste dans le paysage audiovisuel.

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