Assassinat de Samuel Paty : la fonction de la mère d'un accusé choque l'opinion

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 03/02/2026
samuel paty
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En plein procès en appel de l'assassinat de Samuel Paty, la révélation de la fonction de Fouzia Nouicer, mère de l'accusé Naïm Boudaoud, a provoqué une vive polémique nationale.

Fonctionnaire au SDJES des Yvelines chargée de former à la laïcité, sa nomination interroge alors que son fils comparaît pour complicité d'assassinat terroriste. Découvrez les faits, le rôle exact de cette fonction sensible, et la réaction administrative face au tollé médiatique.

Une fonction révélée en pleine audience

L'information a surgi le 30 janvier 2026 dans l'enceinte solennelle de la cour d'assises spéciale de Paris. Alors que se tient le procès en appel de l'assassinat de Samuel Paty, Fouzia Nouicer s'avance à la barre pour témoigner. Elle est la mère de Naïm Boudaoud, l'un des accusés jugés pour complicité d'assassinat terroriste.

Au détour de sa déposition, la nature de son emploi est dévoilée : elle exerce les fonctions de « référente laïcité » au sein du Service départemental à la jeunesse, à l'engagement et aux sports (SDJES) des Yvelines. 

Selon Europe 1 et Valeurs Actuelles, cette déclaration a provoqué une onde de choc immédiate. Le titre de fonctionnaire affecté à une mission aussi symbolique, porté par la mère d'un individu impliqué dans le dossier Paty, a déclenché une vague d'indignation massive sur les réseaux sociaux et dans la presse dès les 1er et 2 février 2026.

Un conflit de valeurs manifeste

Le malaise provient du décalage entre la mission de la mère et les actes reprochés au fils. Le rôle exact du référent laïcité consiste à former les acteurs de l'éducation populaire, des accueils de mineurs et du monde sportif au respect strict des valeurs de la République. 

Or, Naïm Boudaoud a été condamné en première instance, en décembre 2024, à 16 ans de réclusion criminelle. La justice lui reproche d'avoir fourni un soutien logistique à l'assassin, notamment via l'achat d'un couteau et de pistolets airsoft.

La controverse s'est intensifiée suite aux propos tenus par l'intéressée à la barre. D'après les comptes-rendus d'audience relayés par Boulevard Voltaire, Fouzia Nouicer a tenté de minimiser la responsabilité de son enfant, affirmant que « des jeunes peuvent faire des erreurs »

Elle a également tenu des discours sur la laïcité jugés ambigus par plusieurs observateurs présents. Cette défense maternelle, bien que compréhensible sur le plan humain, apparaît en totale contradiction avec l'exigence d'exemplarité requise par sa fonction. L'incohérence d'avoir une formatrice aux valeurs républicaines dont le fils est impliqué dans un crime ciblant précisément ces valeurs est pointée du doigt.

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Silence administratif et gestion de crise

Les conséquences de la polémique autour de Fouzia Nouicer et du SDJES ne se sont pas fait attendre. Face à la tempête médiatique, l'intéressée a rapidement tenté d'effacer les traces de son activité professionnelle en ligne, supprimant notamment la mention de son poste sur ses réseaux sociaux, comme le note Europe 1.

De son côté, l'administration a opté pour la discrétion. Le SDJES des Yvelines n'a pas communiqué immédiatement lorsque le scandale a éclaté, laissant planer le doute sur les conditions de ce recrutement. 

Cette affaire met en lumière une potentielle faille dans les processus de nomination et de contrôle des conflits d'intérêts pour les postes touchant aux valeurs de la République

La situation ajoute une tension palpable aux débats, alors que le procès en appel de Naïm Boudaoud et de ses coaccusés doit se poursuivre jusqu'à la fin du mois de février 2026. 

La réaction administrative définitive concernant le maintien ou non de Madame Nouicer à son poste reste attendue.

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