« Samuel Paty discriminait les élèves musulmans » : vive polémique après les déclarations d’un avocat de la défense au procès en appel

Publié par Sarah Martin
le 27/01/2026
« Samuel Paty discriminait les élèves musulmans » : vive polémique après les déclarations d’un avocat de la défense au procès en appel
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Ce lundi 27 janvier, au procès en appel, Me Francis Vuillemin, conseil du prédicateur islamiste Abdelhakim Sefrioui, a déclaré que Samuel Paty « procédait à la discrimination des élèves musulmans ».

Le climat est déjà lourd devant la cour d’assises d’appel spéciale de Paris. Ce lundi 27 janvier s’est ouvert le second acte judiciaire concernant l'assassinat de Samuel Paty, ce professeur d'histoire-géographie décapité en octobre 2020. Dès les premières heures de l'audience, qui doit durer jusqu'au 27 février, une fracture béante est apparue entre la défense et les parties civiles. L'avocat d'un des principaux accusés a choisi d'attaquer frontalement la mémoire de la victime, provoquant l'indignation de la famille de l'enseignant.

Une ligne de défense jugée scandaleuse

C'est une prise de parole qui a stupéfié l'auditoire et les observateurs présents. Me Francis Vuillemin, conseil d'Abdelhakim Sefrioui, a affirmé devant la presse que le professeur assassiné « procédait à la discrimination des élèves musulmans », rapporte Le Parisien. L'avocat a promis de porter cette accusation « haut et fort, tout au long du procès », précisant que cet argument constituerait désormais « les fondations de la défense ». Selon lui, cette information figurerait « dans le dossier » et concernerait également un « précédent établissement où il était affecté, en 2016 ».

Me Vuillemin soutient que la démarche pédagogique de l'enseignant, consistant à proposer aux élèves de sortir s'ils craignaient d'être choqués par les caricatures, relevait d'une faute. « On ne protège personne dans l’école de la République en discriminant, en demandant à des élèves de se désigner en fonction de leur religion », a-t-il déclaré, estimant que cela « signe la discrimination » réprimée par le Code pénal. 

La réponse cinglante de la famille Paty

Face à l'argument selon lequel Samuel Paty aurait opéré une discrimination des élèves musulmans, la réaction des proches ne s'est pas fait attendre. Gaëlle Paty, la sœur du professeur, a exprimé son écœurement sur BFMTV, dénonçant une tentative d'inversion des responsabilités. « On l’accuse d’être responsable de sa propre mort, c’est absolument inaudible », a-t-elle déploré, rappelant que son frère était un homme « extrêmement tolérant » et « curieux des religions ». Pour elle, cette stratégie vise à salir la mémoire d'un homme qui ne peut plus se défendre.

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L'avocate de la famille, Me Virginie Le Roy, a quant à elle qualifié ces propos de « purement et simplement scandaleux et indécents », relaie Le Parisien. Elle insiste sur le caractère « complètement gratuit » de ces attaques qui n'ont, selon elle, « aucune influence sur les faits et les qualifications » terroristes du dossier. 

Quatre accusés clament leur innocence

Ce procès en appel ne concerne que quatre des huit accusés initialement condamnés. Il s'agit de Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov, condamnés en première instance à 16 ans de réclusion pour complicité d'assassinat terroriste, ainsi que de Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui. Ces deux derniers, le père de l'élève à l'origine du mensonge et le militant islamiste, avaient écopé respectivement de 13 et 15 ans de prison pour association de malfaiteurs terroristes.

Lors de cette première journée, la contestation des faits par les accusés du procès Paty a été quasi unanime. Si Brahim Chnina a exprimé des regrets sans pour autant reconnaître l'intégralité des faits reprochés, Abdelhakim Sefrioui s'est montré plus radical, se déclarant « totalement innocent » à la barre. 

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