Anne-Claire Legendre à l'IMA : une nouvelle ère diplomatique s'ouvre
Cette nomination marque un tournant majeur pour l'institution culturelle parisienne. Alors que l'Institut du monde arabe (IMA) traverse une période de turbulences suite au départ précipité de son ancien président, le choix s'est porté sur une figure diplomatique proche de l'Élysée pour redresser la barre et apaiser les tensions internes.
Une nomination historique
Le conseil d'administration a tranché ce 17 février 2026 : Anne-Claire Legendre prend les rênes de l'IMA. Comme le souligne Libération, elle devient la première femme à accéder à cette fonction prestigieuse, ayant été élue à l'unanimité des membres votants. À 46 ans, cette diplomate de carrière, jusqu'ici conseillère d'Emmanuel Macron pour l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient, incarne le renouvellement souhaité par l'État pour cette institution emblématique.
Un contexte de crise inédit
Cette arrivée survient dans un climat particulièrement lourd. Jack Lang a présenté sa démission le 7 février dernier, emporté par la polémique liée à l'affaire Jeffrey Epstein. Selon des documents judiciaires américains cités par la presse, son nom y apparaîtrait à de multiples reprises. En parallèle, le Parquet national financier (PNF) a ouvert une enquête pour "blanchiment de fraude fiscale aggravée", comme le rapporte Reuters.
Bien que l'ancien ministre assure être "blanc comme neige" et affirme vouloir "protéger l'image" de l'institution dans les colonnes de Libération, la pression était devenue insoutenable malgré ses dénégations répétées. C'est donc dans une atmosphère de défiance que la nouvelle direction s'installe.
Le profil politique d'Anne-Claire Legendre
Pour succéder à une figure présente depuis 13 ans, l'exécutif mise sur une expertise technique et diplomatique. Anne-Claire Legendre affiche un parcours dense : ancienne consule générale à New York, ambassadrice au Koweït et porte-parole du Quai d'Orsay pendant deux ans. Arabisante formée à l'Inalco et diplômée de Sciences Po, elle possède un "profil plus politique" jugé nécessaire pour piloter cet instrument hybride, à la fois lieu culturel et outil diplomatique.
Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a d'ailleurs salué "son expérience, ses qualités et sa vision stratégique" auprès de la RTS, estimant qu'elle est la mieux placée pour maintenir le lien entre la France et le monde arabe.
Redresser les finances et l'image
La feuille de route s'annonce chargée à l'approche du 40e anniversaire de l'IMA. La priorité reste le redressement économique de la structure. Un rapport de la Cour des comptes de 2024 pointait un "déficit endémique" oscillant autour d'un demi-million d'euros par an, rappelle Le Quotidien de l'Art. La nouvelle présidente devra rétablir une "trajectoire financière soutenable", renforcer les règles de déontologie et moderniser une gouvernance qui doit gagner en efficacité.
Une mission de confiance
Il s'agit avant tout de tourner la page des scandales récents. Anne-Claire Legendre a affirmé vouloir "ramener de la sérénité" et "redonner la confiance du public", rapporte la RTS. Son ambition consiste à impulser un "nouvel élan" en consolidant les liens avec les pays arabes pour trouver de nouveaux partenaires financiers, indispensables à la survie du modèle économique de l'Institut.
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