Affaire Epstein : le Parquet de Paris lance une traque contre les complices français
L'onde de choc provoquée par la déclassification de millions de pages aux États-Unis atteint désormais les tribunaux français. Fin janvier 2026, la justice américaine levait le voile sur les rouages du système Epstein, exposant potentiellement de nombreux acteurs internationaux. Le Parquet de Paris entend désormais exploiter cette mine d'informations pour confondre d'éventuels complices nationaux.
Une analyse systématique des documents déclassifiés
C'est une annonce qui marque un tournant dans le volet français de l'affaire. Le Parquet de Paris a officiellement confirmé la désignation de "magistrats référents", constituant une véritable équipe spéciale. Selon les informations rapportées par Valeurs Actuelles et CNews, cette cellule a pour mission prioritaire d'examiner les millions de documents rendus publics par la justice américaine.
L'objectif est précis : identifier tous les éléments susceptibles de caractériser des infractions pour lesquelles la loi française s'applique. Comme le précise Libération, les enquêteurs traquent des faits de diverses natures, "notamment à caractère sexuel ou à caractère financier". Il s'agit de filtrer cette masse de données pour isoler les noms et les actes impliquant des ressortissants français.
Un dispositif coordonné avec le Parquet national financier
Pour mener à bien cette tâche titanesque, les autorités judiciaires ont mis en place une collaboration étroite. Le travail d'exploitation se fait "en coordination avec le Parquet national financier (PNF) et en lien avec la direction nationale de la police judiciaire (DNPJ)", indique Le Télégraphe. Cette répartition des rôles est claire : le PNF, déjà saisi du dossier, se concentre sur les aspects économiques, notamment le blanchiment de fraude fiscale aggravée, tandis que l'équipe du Parquet de Paris cible les crimes et délits sexuels.
Un point majeur de ce dispositif concerne l'ancien agent de mannequins Jean-Luc Brunel, retrouvé mort en détention en 2022. Malgré son décès, les magistrats vont procéder à une "réanalyse intégrale du dossier d'instruction", rapporte Sud Ouest. Cette démarche vise à extraire toute pièce pouvant servir les nouvelles enquêtes en cours, refusant de laisser ce décès clore définitivement le chapitre.
Des personnalités politiques et culturelles ciblées
Cette offensive judiciaire se traduit déjà par l'ouverture de procédures concrètes. Sur le volet financier, le PNF a ouvert une enquête préliminaire le 6 février 2026 pour "blanchiment de fraude fiscale aggravée" visant l'ancien ministre de la Culture Jack Lang et sa fille, Caroline. Selon Sud Radio, cette procédure fait suite à des révélations sur des liens financiers suspects (société offshore et legs). Jack Lang a fermement nié toute implication, dénonçant un "tsunami de mensonges".
Parallèlement, le Parquet de Paris a été saisi de trois nouvelles affaires à caractère sexuel, détaillées par Libération. La première concerne un signalement du ministère des Affaires étrangères, transmis le 10 février, visant le diplomate Fabrice Aidan. La seconde repose sur une plainte déposée le 11 février par une ressortissante suédoise contre le recruteur Daniel Siad pour un viol présumé à Paris en 1990. Enfin, une procédure vise le chef d'orchestre Frédéric Chaslin pour des faits de "harcèlement sexuel" remontant à 2016. Ces actions démontrent la volonté de la justice de faire toute la lumière sur ce dossier, quel que soit le statut des personnes impliquées.
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