Affaire Epstein : Jean-Noël Barrot "effaré" par la mise en cause du diplomate Fabrice Aidan et saisit la justice

Publié par Suruthi Srikumar
le 11/02/2026
Affaire Epstein : Jean-Noël Barrot se dit « effaré » et « indigné » et n’écarte pas la publication de nouveaux noms
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Le Tellec Stephane/ABACA
Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a exprimé sa stupeur ce mercredi après la mise en cause du diplomate Fabrice Aidan dans l'affaire Epstein, annonçant une saisine immédiate de la justice.

Après les révélations conjointes de Mediapart et Radio France visant un agent du ministère des Affaires étrangères, le gouvernement réagit fermement. Invité sur RTL, Jean-Noël Barrot n'a pas caché son émotion ce mercredi 11 février 2026. Au micro de nos confrères, il s'est déclaré personnellement « effaré » et « indigné » par les informations impliquant Fabrice Aidan. Pour le ministre, « les faits allégués sont d’une très grande gravité » et exigent une réponse sans ambiguïté de l'État.

Face à ce scandale, Jean-Noël Barrot a confirmé avoir « fait ce que chacun aurait fait à ma place » : il a saisi le procureur de la République pour « signaler les faits présumés ». Parallèlement, une enquête administrative a été ouverte pour appuyer le travail de la Justice, accompagnée du lancement d'une procédure disciplinaire.

L'homme au cœur de la tempête, Fabrice Aidan, est décrit comme un « secrétaire des affaires étrangères principal en disponibilité pour convenances personnelles ». Après un quart de siècle au service du Quai d'Orsay, il avait rejoint le secteur privé. Son dernier employeur, le groupe Engie, a annoncé sa suspension dès la publication des révélations.

Des soupçons de fuites et une alerte ignorée

Les investigations menées par la presse dressent un portrait accablant. Le nom du diplomate surgit à près de 200 reprises dans les archives du financier américain décédé, accusé de trafic sexuel de mineures. Il aurait entretenu une correspondance nourrie, échangeant des « dizaines de mails directs et parfois familiers » avec Jeffrey Epstein.

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La nature de ces échanges inquiète particulièrement les autorités. En poste aux Nations unies entre 2010 et 2017, Fabrice Aidan est soupçonné d'avoir fourni des « informations diplomatiques, de services ou de ses réseaux à l’international ». Il aurait utilisé son adresse professionnelle pour transmettre des « documents et rapports de l’organisation à Epstein en personne ».

Le passé du fonctionnaire révèle également une zone d'ombre majeure datant de 2013. À cette époque, l'ONU aurait reçu une alerte du FBI concernant une enquête potentielle sur Fabrice Aidan à New York pour consultation de sites pédopornographiques. Suite à cet avertissement, il aurait été exfiltré vers le Canada puis rapatrié en France, poursuivant sa carrière diplomatique malgré ces signaux.

D'autres révélations potentielles et le cas Jack Lang

L'affaire pourrait ne pas s'arrêter là. Interrogé sur l'existence d'autres diplomates français dans les listings, Jean-Noël Barrot a admis « ne pas pouvoir exclure » la sortie de nouveaux noms. Il a toutefois nuancé son propos en rappelant que la simple apparition d'un patronyme dans les documents ne constitue pas une preuve de culpabilité et ne présuppose « aucun acte répréhensible ».

Le ministre pointe des « soupçons très sérieux et très graves » concernant des « tentatives d'influence et peut-être d'interférence avec des pays européens », mêlant potentiellement violences sexuelles et malversations financières.

Cette séquence a déjà provoqué des séismes institutionnels, illustrés par le départ de Jack Lang de l’Institut du monde arabe. Jean-Noël Barrot a qualifié cette démission d'« inévitable » au vu des éléments des Epstein’s files. Un conseil d'administration doit désormais se réunir pour désigner son successeur.

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