Radars et "zones de danger" : la loi française a-t-elle tué Waze ?
Elle est devenue le réflexe matinal de millions de Français. On l'ouvre pour vérifier les bouchons, mais avouons-le, on espère surtout y voir s'afficher les képis bleus sur le bas-côté. Pourtant, cette habitude frôle l'illégalité.
L'État veille au grain et a durci le ton. Si l'application reste légale, la manière dont elle affiche les informations a dû s'adapter pour ne pas transformer votre smartphone en hors-la-loi numérique. Suivez le guide pour comprendre ce qui se joue sur votre tableau de bord.
L'Accroche : Le "signalement communautaire", une épée de Damoclès à 6 points
Waze est souvent utilisé pour une fonction qu'il ne devrait officiellement plus assurer : le repérage chirurgical des radars mobiles. C'est un faux-ami de la route. En effet, le Code de la route est formel concernant les dispositifs de "détection".
Si vous utilisez un appareil visant à perturber ou détecter précisément les contrôles, vous risquez gros. La sanction peut monter jusqu'à 1 500 € d'amende et un retrait de 6 points sur votre permis de conduire. Heureusement, Waze a trouvé la parade légale imposée depuis 2012 : l'application ne signale plus un "radar", mais une "zone de danger". Une nuance sémantique mince, mais suffisante pour vous garder du bon côté de la barrière juridique.
Le Décryptage : La zone grise de la loi et la contre-attaque de la police
Comment cela se traduit-il sur votre écran ? Depuis le décret du 3 janvier 2012 (article R413-15), la localisation précise est interdite. Les applications d'aide à la conduite doivent désormais respecter des longueurs de sécurité floues :
- Une bulle de 4 km sur autoroute.
- Une zone de 2 km sur routes nationales et départementales.
- Un rayon de 500 m en agglomération.
Vous savez qu'il y a quelque chose, mais pas exactement où. Cependant, les forces de l'ordre ont dégainé une nouvelle arme : la "cape d'invisibilité" numérique issue du décret n° 2021-468. Entré en vigueur fin 2021, ce texte permet aux préfectures d'ordonner à Waze ou Coyote de masquer temporairement certains contrôles.
Attention, nuance importante : cette désactivation ne concerne pas les contrôles de vitesse. L'État considère que vous faire ralentir reste bénéfique pour la sécurité. En revanche, pour les opérations ciblées comme l'alcoolémie (cause de 29 % des accidents mortels), les stupéfiants ou l'antiterrorisme, le signalement disparaît. Ce black-out est strictement encadré : 2 heures maximum pour l'alcool et la drogue, et jusqu'à 12 heures pour les autres motifs, dans un rayon limité (2 km en ville, 10 km ailleurs).
La Résolution : Waze est-elle toujours la meilleure option ? Alternatives et sécurité
Face à ces restrictions, le match entre les géants du secteur se joue sur la philosophie. D'un côté, Waze mise sur la masse : avec plus de 5 millions d'utilisateurs quotidiens, la réactivité est imbattable pour les alertes spontanées. De l'autre, Coyote revendique une fiabilité supérieure (souvent estimée à 95 % contre 85 % pour son concurrent gratuit), grâce à une modération professionnelle des alertes et une meilleure gestion des radars tronçons.
L'impact sur la sécurité routière dépasse toutefois la simple peur du gendarme. Waze conserve des atouts indéniables pour votre sécurité physique : signalement d'objets sur la voie, véhicules à l'arrêt ou virages dangereux. C'est le paradoxe de l'aide à la conduite : même si l'alerte ne sert qu'à éviter le PV, elle vous force à lever le pied. Et c'est bien ce que cherchent les autorités.
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