« Je suis celle qui a sauté » : une rescapée de Crans-Montana brise le silence

Publié par Suruthi Srikumar
le 10/02/2026
« Je suis celle qui a sauté » : une rescapée de Crans-Montana brise le silence
Istock
Gravement brûlée sur 40 % du corps lors de l’incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana, Mélanie Van de Velde a survécu au drame. Soignée à Nantes, elle a publié un message sur Facebook pour « faire entendre la voix de celles et ceux qui paient le prix le plus lourd ».

Dimanche 8 février, cette Française de 32 ans a brisé le silence via une lettre ouverte publiée sur Facebook. Grièvement brûlée lors de l'incendie meurtrier du bar Le Constellation, elle livre un témoignage glaçant sur sa survie et les séquelles de cette nuit d'horreur.

Une identité derrière les images virales

Le monde entier a vu cette vidéo. Celle d'une silhouette fuyant le brasier du Constellation, la nuit du Nouvel An 2026, en sautant par-dessus une rambarde. Cette femme a désormais un nom : Mélanie Van De Velde Azzi. Originaire d'Angers, elle a choisi de se dévoiler plus d'un mois après la tragédie qui a coûté la vie à 41 personnes et fait 115 blessés.

Dans son message, elle revendique ce geste désespéré capturé par les caméras. « Je suis cette fille qui a sauté une rambarde, non pas par bravoure, mais parce qu’à cet instant précis, le feu était plus fort que la peur », écrit-elle. Face au danger imminent, elle explique que « rester aurait signifié mourir » et qu'elle a « sauté pour sauver [sa] vie ».

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"Mon corps est devenu un champ de bataille"

Le prix de cette survie est lourd. Brûlée « à près de 40 % » et plongée initialement dans un coma artificiel, la jeune mère décrit une réalité hospitalière brutale. D'abord prise en charge à Zurich, elle a été transférée au CHU de Nantes pour y poursuivre des soins.

« Mon corps est devenu un champ de bataille », confie-t-elle sur le réseau social. Elle décrit le calvaire des changements de pansements tous les deux jours : « Chaque soin ravive la douleur. La douleur ne disparaît jamais vraiment. Elle s’installe. Elle use. Elle envahit. »

Une reconstruction impossible

Près de cinq semaines après le drame, Mélanie Van de Velde témoigne d’une convalescence longue et difficile. La mère de famille évoque le deuil de son ancienne image, une étape psychologique dévastatrice. « Mon visage ne sera plus jamais le même. Celui que je reconnaissais dans le miroir n’existe plus. Celui que ma fille connaissait non plus », déplore-t-elle. « Depuis ce jour, je ne vis plus. Je survis. »

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« Je suis Mélanie. Je suis vivante. »

Cette prise de parole publique vise un objectif précis : sortir de la statistique. Elle refuse d'être réduite à « cette fille dont on parle parfois sans jamais dire le nom ». Son corps, explique-t-elle, portera « à vie la mémoire de cette nuit », mais elle refuse que son identité s'y dissolve.

 Elle souhaite que le public réalise ce que signifie survivre à une telle catastrophe.« J’écris pour qu’on comprenne que derrière un fait divers, il y a des corps mutilés, des identités bouleversées, des mères séparées de leurs enfants », martèle-t-elle. Elle veut faire entendre « la voix de celles et ceux qui paient le prix le plus lourd ». En conclusion de ce message de résilience, elle réaffirme son existence : « Je suis Mélanie. Je suis vivante. »

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