Air France-KLM : pourquoi vos billets d'avion ne baisseront pas malgré les profits

Publié par Stéphane Leduc
le 19/02/2026
A cinematic wide shot of a modern Airbus A350 with Air France-KLM livery taking off into a golden su
New Planet Media
Air France-KLM affiche une santé financière insolente avec un bénéfice multiplié par cinq en 2025, mais les voyageurs ne doivent pas s'attendre à des miracles sur les tarifs.

Le groupe aérien vient de dévoiler des résultats historiques pour l'année écoulée, affichant une rentabilité que peu d'analystes avaient prédite. Alors que le cours de bourse s'envole et que les avions sont pleins, la question du pouvoir d'achat des passagers revient sur la table. Pourtant, entre nouvelles taxes et investissements verts, la marge de manœuvre semble très réduite.

Un cru 2025 exceptionnel : Air France-KLM bat tous ses records

Ce jeudi 19 février 2026 marque un tournant financier majeur. Selon les résultats publiés par le groupe, Air France-KLM enregistre un bénéfice net foudroyant de 1,75 milliard d'euros pour l'exercice 2025. Un chiffre qui pulvérise le précédent record de 934 millions d'euros établi en 2023, rapporte Zonebourse.

La réaction des marchés ne s'est pas fait attendre : le titre a bondi de plus de 12 % à l'ouverture de la Bourse de Paris, note TradingSat. L'activité commerciale confirme cette dynamique, avec le franchissement du cap symbolique des 100 millions de clients. Avec 102,8 millions de passagers transportés, le groupe tourne définitivement la page de la crise sanitaire, précise LFM.

Une rentabilité dopée par le haut de gamme

Plusieurs facteurs expliquent cette santé de fer. D'abord, un effet d'aubaine extérieur : la baisse des cours du pétrole a allégé la facture de kérosène de 394 millions d'euros, souligne Benjamin Smith, le directeur général, dans un communiqué officiel.

Mais la stratégie interne pèse lourd dans la balance. Le pari de la "montée en gamme" porte ses fruits. Les nouvelles cabines La Première et Business attirent une clientèle prête à payer le prix fort, dopant ainsi la recette unitaire de 284 millions d'euros. Cette gestion rigoureuse permet d'afficher un chiffre d'affaires de 33 milliards d'euros et une marge opérationnelle inédite de 6,1 %, malgré le contexte inflationniste, indique Ideal Investisseur.

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Pourquoi les prix ne chuteront pas

C'est la douche froide pour ceux qui espéraient profiter de ces superprofits pour voyager moins cher. L'État français lorgne sur cette manne. Dans le cadre du Projet de Loi de Finances (PLF) 2026, le gouvernement envisage de supprimer l'exonération de TICPE sur le kérosène des vols intérieurs et de doubler la TVA de 10 % à 20 %. Selon Les Échos, cette mesure pourrait alourdir le prix d'un aller-retour domestique jusqu'à 60 euros.

Autre poste de dépense incompressible : la transition écologique. Le groupe doit investir environ 3 milliards d'euros par an pour renouveler sa flotte avec des Airbus A350 et A220, moins polluants. Ce coût colossal est structurellement répercuté sur le billet.

Si des "ajustements tactiques" restent possibles en classe Économique pour remplir les avions sur certaines lignes, la tendance de fond reste à la stabilité, voire à la hausse tarifaire. Ces bénéfices serviront avant tout à financer ces avions verts et à rembourser une dette nette encore élevée de 8,4 milliards d'euros, analyse Boursier.com.

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