Paris : malgré 40 000 euros de loyers impayés, la justice refuse l’évacuation d’un squatteur
C'est une descente aux enfers que vit actuellement Mickaël, propriétaire d'un appartement dans le XXe arrondissement de Paris. Alors que son locataire a cessé tout versement depuis mai 2024, accumulant une dette colossale, la justice a débouté le plaignant en raison d'une irrégularité administrative.
Un gouffre financier de 40 000 euros
Le cauchemar a débuté quelques jours seulement après la remise des clés. Le locataire, entré dans les lieux le 30 avril 2024, a cessé d'honorer ses engagements dès le mois suivant. En moins de deux ans, l'ardoise s'est alourdie de manière spectaculaire pour atteindre aujourd'hui « près de 40 000 euros » de loyers impayés.
Pour Mickaël, la situation est financièrement insoutenable. Ce quadragénaire doit continuer à assumer seul les charges de ce bien de 38 m², mais surtout le remboursement de son prêt immobilier, qui s'élève à 1 700 euros par mois. Sans rentrée d'argent, le propriétaire redoute désormais le pire : l'insolvabilité. Il craint de ne plus pouvoir faire face à ses échéances bancaires, ce qui entraînerait la saisie de l'appartement et sa mise aux enchères à un prix bradé, estimé à seulement 40 % de sa valeur réelle.
Le piège administratif de la gestion locative
L'origine du blocage juridique réside dans les modalités de mise en location. Pour assurer la rentabilité de son bien, le propriétaire s'était tourné vers Checkmyguest, une conciergerie spécialisée dans la location de moyenne durée destinée aux expatriés. La promesse était alléchante : un loyer affiché à 2 250 euros pour un revenu garanti de 1 900 euros au propriétaire.
Cependant, lors de l'audience de mai 2025, le tribunal judiciaire de Paris a rejeté l'ensemble des demandes d'expulsion et de remboursement. La justice a pointé une « irrégularité sur le bail ». L'agence Checkmyguest s'est en effet désignée comme bailleur sur le contrat, alors qu'elle n'était que simple mandataire du propriétaire. Cette erreur de qualification a suffi à invalider la procédure en cours.
Au-delà de l'aspect technique, Mickaël pointe de graves manquements dans la sélection du dossier. Selon lui, le locataire aurait « trafiqué ses papiers », présentant des fiches de paie incohérentes et un contrat de travail non signé. L'avocate du propriétaire déplore ce manque de vigilance : « L’agence est tenue de vérifier la solvabilité des candidats, mais les vérifications minimales n’ont pas été réalisées », affirme-t-elle.
Une attente judiciaire interminable
Une nouvelle audience a été fixée au 12 février 2026. Cette date s'annonce déterminante pour l'avenir du logement et la santé financière de Mickaël, qui doit tenir bon d'ici là sans percevoir le moindre centime.
La loi anti-squat, renforcée le 27 juillet 2023, visait à durcir les sanctions contre l'occupation illégale. Toutefois, elle peine à s'appliquer dans ce type de litige où l'occupant est entré légalement dans les lieux avec un bail, quand bien même celui-ci comporterait des vices de forme.
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