Manifestation propalestinienne à la Philharmonie : un "fiché S" remis en liberté

Publié par Matthieu Chauvin
le 10/11/2025
Philharmonie de Paris
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© Philharmonie de Paris
Suite aux graves incidents survenus lors du concert de l'orchestre philharmonique d'Israël à Paris, les quatre manifestants interpellés ont été mis en examen et placés sous contrôle judiciaire. Parmi eux figure un "fiché S." Pourquoi ce dernier n'est pas en détention provisoire ?

Le jeudi 6 novembre 2025, la Cité de la musique de Paris a été le théâtre de scènes chaos. Des militants propalestiniens ont violemment interrompu à trois reprises une représentation de l’orchestre philharmonique d'Israël (Israel Philharmonic Orchestra), allumant des fumigènes de couleur rouge dans la salle. Pris à partie par des spectateurs, ils ont fini par être mis dehors, où quatre d'entre eux ont été interpellés. Dont un "fiché S."

Des spectateurs ont cru à un attentat

Alors que l'orchestre israélien, dirigé par Lahav Shani, se produisait dans la grande salle Pierre-Boulez de la Philharmonie de la Cité de la musique, les spectateurs qui assistaient au concert ont découvert que s'étaient dissimulés parmi eux ces militants qui ont réussi à semer la panique. En effet, à quelques jours des commémorations des attentats du 13-Novembre 2015, certains ont cru que cela recommençait 10 ans après et ont eu très peur pour leur vie, témoignant au micro de plusieurs médias. 

Rappelons que le Bataclan avait potentiellement ciblé à l'époque car ses propriétaires étaient juifs et que des évènements communautaires y étaient organisés selon une information du Figaro. Même si pour l'instant, les motivations des militants semblent bien éloignées de celles des terroristes d'alors, Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, a déclaré : "Il n'y a aucune cause qui justifie qu'on mette en danger la vie des spectateurs." Rachida Dati, ministre de la Culture, a elle affirmé que "La violence n'a pas sa place dans une salle de concert. La liberté de programmation et de création est un droit fondamental de notre République." La Philharmonie a porté plainte.

Un individu fiché S parmi les suspects

Les forces de l'ordre ont rapidement interpellé quatre personnes, trois hommes et une femme, placées en garde à vue. Un profil a particulièrement retenu l'attention : un militant de 20 ans, connu des services de renseignement. Selon de RTL, ce suspect est fiché S pour ses liens avec la "mouvance contestataire". Lors de son arrestation, il transportait selon nos confrères, "un sac dans lequel se trouvait des boules puantes, de l'encre rouge, ainsi qu'une alarme." 

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Toutefois, les actes commis ont conduit le parquet de Paris à retenir de lourdes charges, notamment la "dégradation du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes", la "mise en danger d’autrui" et la "détention de produit incendiaire" en violation d'un arrêté préfectoral. Utiliser des fumigènes dans un salle fermée peut en effet être extrêmement dangereux, mais ont peut imaginer que ces militants n'en avaient pas conscience vu leur amateurisme...

Une mise en examen assortie d'un contrôle judiciaire

Présentés à un juge d'instruction le dimanche 9 novembre, les quatre suspects ont été mis en examen. Cependant, malgré tous les faits reprochés, le parquet a requis et obtenu leur placement sous contrôle judiciaire, et non une détention provisoire. La mise en examen du manifestant de la Philharmonie "fiché S" n'a donc été suivie que d'une libération encadrée. Sans doute parce qu'il appartient à une mouvance d'extrême gauche et non d'extrême droite ou islamiste...

D'après les informations communiquées par le parquet de Paris à l'AFP, les raisons de cette remise en liberté collective sans détention provisoire tiennent au fait que le contrôle judiciaire a été jugé suffisant pour prévenir la récidive et garantir leur représentation en justice. Cette mesure leur impose néanmoins des contraintes strictes, dont une interdiction de paraître à Paris ainsi qu'aux abords et à l'intérieur des salles de spectacles. Une information judiciaire est désormais ouverte pour faire toute la lumière sur ces incidents.

La France Insoumise au soutien

De son côté, La France Insoumise s'est exprimée par la voix de son leader, Jean-Luc Mélenchon, qui a déclaré : "Vous ne pouvez pas empêcher à des gens d'exprimer une protestation."  Toujours selon RTL, d'autres membres du parti "ont déclaré 'regretter surtout le génocide' plutôt que les événements survenus à la Philharmonie."

La radio rappelle que la tenue de ce concert était contestée depuis plusieurs jours par la CGT-Spectacle qui avait demandé à la direction de la Philharmonie qu'elle "rappelle à son public les accusations gravissimes qui pèsent contre les dirigeants" d'Israël. Mais le syndicat a assuré être étranger aux évènements de jeudi. Quant aux militants propalestiniens, ils appelaient aussi depuis plusieurs jours à l'annulation du concert.

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