Emmanuel Macron reproche à Donald Trump de se « détourner » de certains alliés

Publié par Sarah Martin
le 08/01/2026
Lors de la conférence des ambassadeurs à Paris, le président de la République a vivement critiqué la politique extérieure de l’administration Trump, pointant notamment ses ambitions vis-à-vis du Groenland et l’opération américaine au Venezuela qui a abouti à la capture du président Nicolás Maduro.
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Lors de la conférence des ambassadeurs à Paris, le président de la République a vivement critiqué la politique extérieure de l’administration Trump, pointant notamment ses ambitions vis-à-vis du Groenland et l’opération américaine au Venezuela qui a abouti à la capture du président Nicolás Maduro.

C'est un coup de tonnerre diplomatique. Ce mercredi 8 janvier, face aux ambassadeurs français, le chef de l'État a rompu avec la réserve habituelle pour livrer un constat amer sur la relation transatlantique. La phrase a claqué comme un avertissement : les États-Unis « se détournent progressivement » de leurs alliés et, plus inquiétant encore, « s'affranchissent des règles internationales », rapporte La Provence.

« Les instances du multilatéralisme fonctionnent de moins en moins bien. Nous évoluons dans un monde de grandes puissances avec une vraie tentation de se partager le monde », a dit le président français.

« Nous continuons d’avoir des puissances de déstabilisation »

« Nous continuons d’avoir des puissances de déstabilisation », a déclaré le président de la République, citant la Russie et l’Iran, et dénonçant notamment « les ingérences informationnelles ». Dans son discours, Emmanuel Macron a affirmé que la France refusait à la fois le « nouveau colonialisme et le nouvel impérialisme », mais aussi « la vassalisation et le défaitisme ».

De quoi parle exactement le président de la République ? Le détournement par les États-Unis de certains de leurs alliés pourrait faire référence à la volonté américaine de s’emparer du Groenland, territoire danois que Copenhague refuse catégoriquement, y compris pour un achat. Le mardi 6 janvier, le président américain déclarait étudier « plusieurs options », y compris « utiliser l’armée ».

« Nous voulons être des partenaires forts, faire le maximum de ce qu’on peut. Mais quand on s’engage, on est là », a conclu le chef de l’État. « Ça a beaucoup de valeur pour notre diplomatie, pour nos entreprises, pour nos intérêts stratégiques partout à travers le monde. »

« Plus d’autonomie stratégique, moins de dépendance à l’égard des États-Unis comme de la Chine »

Dans son discours, Emmanuel Macron a réaffirmé son refus du « nouveau colonialisme et du nouvel impérialisme », tout comme du « défaitisme ». Pour faire face à ces menaces, le chef de l’État a notamment appelé à « réinvestir l’ONU ». « On serait drôle de ne pas le faire », a-t-il ajouté.

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« Ce que nous avons réussi à faire pour la France et en Europe est allé dans le bon sens. Plus d’autonomie stratégique, moins de dépendance à l’égard des États-Unis comme de la Chine », a-t-il insisté.

Les législations européennes, « DSA et DMCA, sont deux régulations à défendre, à consolider », a déclaré le président français lors de son discours aux ambassadeurs de France, rapporte l'Indépendant. « Le bouclier démocratique européen prépare la Commission européenne, et nous continuerons en France à prendre des initiatives sur cet agenda », a-t-il ajouté.

Emmanuel Macron a également appelé à mettre en œuvre dès cette année un agenda « accéléré » de préférence européenne en matière de commerce. Il a souligné l’importance de l’agenda « de simplification du marché unique, marché unique des capitaux, parce qu’il faut vraiment que cette Europe à 450 millions [d’habitants, NDLR] existe » et qu’elle « soit plus réelle ».

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