Groenland : la France riposte aux menaces de Trump en y ouvrant un consulat

Publié par Matthieu Chauvin
le 14/01/2026
Groenland
Istock
Face aux velléités d’annexion réitérées par Donald Trump, par "la force ou la négociation", la France accélère le pas et officialise l’ouverture de son consulat au Groenland pour le 6 février prochain. Une annonce faite, par le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.

C’est une réponse diplomatique sans équivoque aux ambitions territoriales américaines. Alors que la pression monte autour du statut de l'île arctique, le gouvernement français a décidé de ne plus attendre pour marquer son territoire. Le ministre des Affaires étrangères et de l'Europe, Jean-Noël Barrot, a confirmé ce mardi que la France inaugurera sa représentation permanente à Nuuk, la capitale du Groenland, dans moins d'un mois, répondant ainsi à tous ceux qui dénonçaient l'absence de réaction de l'Elysée.

Une implantation diplomatique accélérée

Ce projet n'est pas une improvisation, puisqu'il avait été initié par Emmanuel Macron lors de sa visite en juin 2025. Toutefois, le calendrier s'est brusquement resserré face à l'actualité. En confirmant cette ouverture à compter du 6 février 2026, Paris devient la première capitale de l'Union européenne à disposer d'une antenne permanente sur ce territoire autonome

L'objectif affiché par le Quai d'Orsay est clair : il s'agit de "marquer (notre) volonté d'approfondir notre présence dans toutes les dimensions", qu'elles soient scientifiques, économiques ou culturelles, comme le rapporte Le Parisien après la prise de parole du ministre sur RTL. Cette présence physique permettra également d'assurer une meilleure protection et un service de proximité pour les ressortissants français qui s'aventurent dans cette région polaire.

La fin du chantage américain ?

Cette décision intervient dans un climat de tension extrême entre les alliés historiques. Jean-Noël Barrot a fermement condamné les propos de Donald Trump, qualifiant ses manœuvres de pression d'inacceptables. Le ministre a exhorté Washington à "cesser le chantage", rappelant que cette pression est "contraire aux intérêts des États-Unis" eux-mêmes. Lorsque Jean-Noël Barrot évoque le Groenland, l'annexion et Trump, la ligne française reste inflexible : le territoire n'est pas à vendre. Mais a-t-elle son mot à dire, quand un référendum est évoqué pour l'autodétermination des habitants de l'île ?

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La France insiste sur le fait que l'île est un pays constitutif du Royaume du Danemark, une nation européenne placée sous la protection de l'OTAN. Cette posture vise à défendre le statut du Groenland contre les menaces américaines qui risquent de fragiliser l'Alliance atlantique. Le respect du droit international reste la pierre angulaire de la position européenne dans ce dossier brûlant.

Un enjeu vital pour l'Europe

L'initiative française est perçue comme un soutien politique majeur à Copenhague et aux autorités locales. Le Premier ministre groenlandais a d'ailleurs martelé que son peuple ne voulait être ni Américain ni Danois, mais simplement Groenlandais, comme l'indique Le Figaro. Au-delà de la simple question de souveraineté, la réponse diplomatique de la France au Groenland souligne l'importance cruciale de la zone pour l'avenir du continent.

Avec la fonte accélérée des glaces, les enjeux stratégiques en Arctique pour la France et ses partenaires se multiplient. La région attire toutes les convoitises pour ses nouvelles routes maritimes commerciales et les vastes ressources minières que son sous-sol renferme. Face aux appétits des États-Unis, mais aussi de la Russie et de la Chine, l'Europe tente ainsi de poser un pied ferme sur la banquise.

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