Diagnostiquée à tort d’un cancer en phase terminale, elle subit quatre ans de chimiothérapie
C'est une erreur qui semble impensable au XXIe siècle, et pourtant, elle a brisé des années de vie. En Italie, une patiente a vécu l'enfer des traitements lourds pour une maladie qu'elle n'avait pas, comme le rapporte Medisite. Ce cas extrême, loin d'être isolé, soulève des questions cruciales sur la fiabilité des diagnostics et les recours possibles pour les patients.
Quatre ans de calvaire pour... rien
Tout commence en 2006 par des examens de routine préopératoires. Des anomalies sont détectées et le verdict tombe : lymphome non hodgkinien. Pour Daniela Montesi, c'est le début d'un long tunnel. De janvier 2007 à mai 2011, elle subit des protocoles agressifs, mêlant chimiothérapie et corticothérapie intense. Les conséquences sont dévastatrices : déséquilibres hormonaux, anxiété sévère, dépression et pensées suicidaires rythment son quotidien.
C'est finalement une seconde biopsie, réalisée en 2011, qui révèle l'impensable : il n'y a aucune trace de cancer. Le diagnostic initial était faux. Comme le rapporte Medisite, elle se retrouve victime d'une chimiothérapie inutile suite à une faute médicale avérée, ayant supporté des thérapies qualifiées par la justice d'« erronées, inutiles et nocives ».
La reconnaissance de ce préjudice a été longue, mais l'hôpital universitaire de Pise a finalement été condamné à verser près de 500 000 euros de dommages et intérêts. Une somme record qui ne pourra toutefois jamais effacer les séquelles psychologiques et physiques de ces quatre années perdue. "Daniela qui n’a pas pu assister à l’audience car elle était “hospitalisée pendant une vingtaine de jours (...) à cause des conséquences de ce mauvais diagnostic” se désole : “Les traitements sont de plus en plus lourds et mon système immunitaire est maintenant détruit. À quoi bon cet argent supplémentaire s'il n'y a toujours aucun moyen de me soulager ?”", a-t-elle confié, rapporte Médisite.
Comment expliquer un tel fiasco médical ?
Si l'affaire italienne est spectaculaire, elle illustre une faille bien réelle de la médecine : le risque de l'interprétation humaine. L'erreur provient souvent de l'anatomopathologie, cette étape cruciale où les tissus prélevés par biopsie sont analysés au microscope. Une mauvaise lecture peut entraîner des conséquences d'une erreur de diagnostic de cancer dramatiques pour le patient.
En France aussi, le phénomène existe. On se souvient de cas récents, comme cette patiente à Dijon en 2024 ayant subi une radiothérapie sur le mauvais sein, comme le rapportait France 3. D'après l'association Cancer Rose, le dépistage du cancer du sein peut générer 150 à 200 biopsies inutiles pour 1000 femmes sur une période de 20 ans, suite à des fausses alertes.
Exiger un second avis : votre meilleure protection
Face à un diagnostic grave, la confiance ne doit pas exclure la prudence. C'est le message martelé par les experts : il est essentiel de demander un second avis médical en oncologie. Dans le cas de Daniela, c'est précisément cette démarche, effectuée dans un autre établissement, qui a permis de découvrir la vérité.
En novembre 2024, la Haute Autorité de Santé a d'ailleurs souligné la nécessité d'une stratégie nationale pour lutter contre ces erreurs. N'hésitez jamais à faire relire vos lames de biopsie par un autre centre spécialisé ou à consulter un expert indépendant. C'est un droit fondamental du patient.