Quand Donald Trump se moque des lunettes d'Emmanuel Macron
Ce mercredi 21 janvier, l'ambiance feutrée du Forum économique mondial de Davos a été bousculée par le franc-parler du président américain. Entre deux critiques acerbes sur la politique migratoire du Vieux Continent, Donald Trump a choisi une cible inattendue : un accessoire vestimentaire du chef de l'État français, optant pour une stratégie de déstabilisation bien rodée.
Une comparaison cinématographique aux lourds sous-entendus
La scène a surpris l'assemblée par sa soudaineté. Alors que les dirigeants discutaient des grands enjeux mondiaux, Donald Trump a publiquement ironisé sur les lunettes de soleil de style aviateur (mais françaises !) portées par Emmanuel Macron. Interrogé sur notre président, il a ponctué son discours d'une moquerie très "limite" : "Je l’ai écouté hier avec ses très belles lunettes de soleil… Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Je l'ai regardé, il a essayé de faire le dur à cuire." Puis : "C’est dur à croire, mais j’aime beaucoup Emmanuel Macron." Cette pique n'était pas un acte isolé, mais le point d'orgue d'une offensive menée tout au long de la matinée.
En effet, quelques heures plus tôt, il avait déjà jugé que "certains endroits en Europe sont méconnaissables" à cause de leur gestion de l'immigration, quand lui obtenait des résultats exceptionnel dans son pays, particulièrement à la frontière avec le Mexique. Mais en focalisant l'attention sur les lunettes d'Emmanuel Macron, le pensionnaire de la Maison Blanche utilise une technique qui lui est chère : réduire son interlocuteur à une caricature pour mieux dominer les débats, notamment ceux sur le prix des médicaments fabriqués par les firmes américaines, vendus trop peu chers en France selon lui.
Analyser la stratégie de communication du milliardaire
Derrière l'humour apparent se cache une mécanique politique précise. En ciblant l'apparence physique ou vestimentaire, Trump ne cherche pas le débat de fond sur l'économie ou l'écologie, mais installe un rapport de force psychologique. C'est une illustration parfaite de sa stratégie de communication envers l'Europe : saturer l'espace médiatique par des attaques personnelles pour transformer ses homologues en acteurs de second plan, comme il l'avait fait par le passé avec Angela Merkel.
Ce "harcèlement symbolique" permet aussi de faire diversion. Pendant que les commentateurs et le public analysent cette sortie sur le style "Top Gun", l'Américain remet sur la table des dossiers bien plus explosifs. Il a notamment réitéré son projet de rachat du Groenland, un sujet qui inquiète les chancelleries européennes et détourne l'attention des menaces pesant sur le financement de l'OTAN, provenant très majoritairement de fonds états-uniens. On a toutefois appris que dans la nuit du 21 au 22 janvier, Donald Trump aurait trouvé un "accord" avec le directeur de l'organisation. Il avait auparavant nié tout risque d'action militaire de sa part, ce qui avait contribué à détendre l'atmosphère.
Mesurer l'impact des attaques sur les relations diplomatiques
Ce type d'incident dépasse largement l'anecdote vestimentaire. Les conséquences de la "diplomatie de la moquerie" visent à éroder l'autorité du président français face à ses partenaires internationaux, particulièrement européens. Si le style d'un chef d'État ne dicte pas la géopolitique, l'accumulation de ces piques crée un climat d'instabilité nuisible aux affaires.
Pour l'Élysée, l'enjeu est délicat : il faut maintenir une posture de fermeté sans alimenter les tensions, ce qui pourrait avoir des répercussions directes sur nos exportations. Il est "impératif de ne pas tomber dans le piège de la surenchère" avait déclaré la veille Emmanuel Macron, tout en rappelant que la France reste un partenaire militaire et économique incontournable, lunettes de soleil ou non.