Que dira Trump demain à Davos ?

Publié par Stéphane Leduc
le 20/01/2026
Trump
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Donald Trump fait son grand retour en personne au Forum économique mondial (WEF) de Davos, six ans après son dernier discours en 2020. Demain, mercredi 21 janvier, le président américain prononcera une allocution spéciale très attendue, diffusée en direct sur le site du WEF et plusieurs chaînes internationales.

Dans un contexte explosif dominé par la crise du Groenland et les tensions transatlantiques, que va-t-il dire aux élites mondiales réunies en Suisse ?

Un discours centré sur l'Amérique d'abord... à nouveau ?

Comme en 2020, où il avait vanté la croissance économique américaine et fustigé les « prophètes de malheur » sur le climat, Trump devrait une fois de plus mettre en avant les succès de son administration. Des sources proches de la Maison Blanche indiquent qu'il pourrait détailler ses plans pour rendre le logement plus abordable aux États-Unis, un thème clé pour les classes moyennes américaines. 

Il est aussi attendu qu'il célèbre la puissance économique américaine, en contraste avec les difficultés européennes, et appelle les entreprises mondiales à investir massivement aux États-Unis.

Le "Board of Peace" : une alternative controversée à l'ONU

L'un des points les plus scrutés sera sans doute son initiative phare, le Board of Peace. Initialement pensé pour Gaza, ce conseil de paix étendu à l'échelle mondiale vise à remplacer ou concurrencer l'ONU, avec un droit de veto pour les États-Unis. Trump prévoit une cérémonie de signature en marge du forum, mais le projet rencontre une forte résistance : plusieurs leaders du G7, dont Emmanuel Macron, ont décliné l'invitation. 

Va-t-il annoncer de nouveaux membres ou défendre vigoureusement cette idée face aux critiques européennes qui y voient une tentative de domination américaine ?

Le Groenland au cœur de la tempête

Impossible d'ignorer la crise du Groenland, qui éclipse largement le reste du sommet. Trump revendique ouvertement le rattachement du territoire danois aux États-Unis, menace de tarifs douaniers punitifs contre le Danemark et l'UE si aucun accord n'est trouvé d'ici février, et multiplie les provocations sur les réseaux sociaux : fuites de messages privés de Macron ou Rutte, moqueries envers le Royaume-Uni et la France, et même une image truquée d'un drapeau américain planté au Groenland avec la mention « Est. 2026 ». 

Emmanuel Macron a déjà répondu ce mardi à Davos, dénonçant une « concurrence » américaine visant à « affaiblir et subordonner l'Europe » et qualifiant les menaces tarifaires d'« inacceptables ». 

Trump pourrait profiter de sa tribune pour doubler la mise sur le Groenland ou au contraire tendre la main, même s'il a annoncé une réunion avec les « différentes parties » en marge du forum. 

Un sommet sous haute tension

Au-delà du discours, Trump multipliera les rencontres bilatérales et une réception avec les grands PDG mondiaux. Le ton risque d'être musclé : les Européens, de Macron à Von der Leyen, appellent à une réponse ferme face à ce qu'ils perçoivent comme du « bullying » américain.

Demain, Trump aura la parole devant les élites qu'il aime critiquer. Son discours pourrait soit apaiser les tensions, soit les aggraver durablement. Une chose est sûre : Davos 2026 restera dans les annales comme le sommet de l'affrontement transatlantique.

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