Où est basée l'armé française au Moyen-Orient et dans la région ?
L'escalade est palpable. De la mer Rouge au golfe Persique, l'état-major a relevé le niveau d'alerte sur l'ensemble du dispositif régional. Face aux menaces de frappes de drones ou de missiles parties d'Iran voire du Liban, la priorité absolue est désormais la sécurité des forces françaises et des ressortissants.
Une vulnérabilité accrue des bases françaises
L'intensification brutale des tensions entre Téhéran et ses opposants place les positions tricolores en première ligne. Selon les alertes sécuritaires émises début mars, les positions françaises se trouvent en situation de vulnérabilité directe. Ce réajustement intervient alors que plusieurs bases partenaires, situées à proximité immédiate, ont été la cible d'attaques de drones et de missiles, rapporte CNews.
La réponse militaire est une posture défensive immédiate. Il s'agit de renforcer la protection des installations pour parer toute riposte ou "débordement" du conflit qui pourrait viser les intérêts nationaux. Comme l'a déclaré Emmanuel Macron dimanche, rappelle Le Parisien, la France va regausser "sa posture" : la mobilisation des moyens de surveillance et de défense antiaérienne est totale sur l'ensemble des sites de la région pour anticiper la moindre menace balistique.
Un arsenal de pointe déployé de Djibouti aux Émirats
Le "pivot" de ce dispositif reste Djibouti, en Afrique de l'Est. Près de 1 500 militaires y stationnent en permanence, conformément au Traité de coopération en matière de défense renouvelé en juillet 2024 pour vingt ans. La base aérienne 188 y aligne des Mirage 2000-5 et des canons Caesar, tandis que des unités de combat urbain sécurisent ce verrou stratégique vers la mer Rouge et le golfe d'Aden.
Plus au nord, les Émirats arabes unis (EAU) font office de poste avancé dans le Golfe. Plus de 900 militaires et personnels civils se répartissent sur trois bases (navale, aérienne et terrestre). Le 5e régiment de cuirassiers y déploie sa puissance de feu avec des chars Leclerc et des blindés VBCI à la Zayed Military City. La base aérienne 104 d'Al Dhafra accueille, elle, l'escadron de chasse 1/7 "Provence" et ses Rafale, rapporte le Ministère des Armées.
En Irak et en Syrie, l'opération Chammal mobilise encore un contingent de 600 à 1 100 hommes, incluant les soutiens navals. Leur mission historique contre Daech se double désormais d'un enjeu de survie face aux milices pro-iraniennes locales. Enfin, au Liban (opération Daman), 700 à 800 soldats français de la FINUL tiennent la frontière sud, zone de friction majeure entre le Hezbollah et Israël.
Vers une logique de dissuasion et de protection
La nature de la mission évolue radicalement. Initialement déployées pour la formation et la lutte antiterroriste, les forces françaises deviennent des acteurs de "déconfliction" et de dissuasion face à une armée d'État. La ministre déléguée aux Armées a rappelé, citée par Ici Beyrouth, que la priorité est de "protéger dans la région nos ressortissants et nos forces". La protection des civils constitue l'autre urgence. Le Quai d'Orsay et L'Essentiel de l'Éco recensent environ 150 000 Français installés dans la zone de danger potentielle, dont 25 000 aux Émirats et 20 000 au Liban.
Emmanuel Macron en arrive aux menaces
Cette densité nécessite le pré-positionnement de bâtiments comme les porte-hélicoptères amphibies (PHA) pour anticiper d'éventuelles évacuations. Pour appuyer cette posture, l'arrivée potentielle du groupe aéronaval autour du porte-avions Charles de Gaulle en Méditerranée orientale reste une option sur la table pour garantir la liberté de navigation, notamment près du détroit d'Ormuz. Mais le gouvernement a pour le moment nié l'arrivée du navire amiral de la flotte français dans la région, alors qu'il stationne dans l'Atlantique. Toutefois, Emmanuel Macron a annoncé lundi qu'un sous-marin nucléaire allait bien rejoindre la zone du conflit. Il a menacé tel Donald Trump que quiconque s'en prendrait à la France en subirait les conséquences.