Rolland Courbis est mort à 72 ans : pluie d'hommages pour l'ancien coach de l'OM et voix de RMC

Publié par Matthieu Chauvin
le 12/01/2026
Rolland Courbis
Autre
© RMC
L'emblématique entraîneur et consultant Rolland Courbis s'est éteint ce 12 janvier 2026 à 72 ans. Au-delà de son palmarès, c'est la "grande gueule" du football français, figure incontournable de RMC et ancien coach de l'OM, qui disparaît. Retour sur son héritage, ses confidences marquantes et les premiers hommages.

Le monde du ballon rond est en deuil et les ondes de la radio semblent soudainement bien silencieuses. Ce lundi 12 janvier 2026, une figure tutélaire du football français nous a quittés. Rolland Courbis, l'homme au verbe haut et au cœur marseillais, est décédé à l'âge de 72 ans. La nouvelle, tombée comme un couperet en début d'après-midi via un communiqué familial, a provoqué une onde de choc immédiate, transformant les réseaux sociaux et les plateaux télévisés en un immense livre d'or à la gloire du "Coach". Des vestiaires de Ligue 1 aux studios parisiens, tous pleurent celui qui ne laissait personne indifférent.

C'est une page de l'histoire médiatique et sportive qui se tourne, laissant derrière elle une empreinte indélébile faite de coups de gueule, de passion dévorante et d'une authenticité rare. Entre ses analyses tranchantes et son passé romanesque, Rolland Courbis aura marqué plusieurs générations, aussi, il faut le rappeler, en tant que footballeur professionnel de grand talent (il fut entre autres trois fois champion de France).

Comment le monde du football réagit-il à cette disparition ?

Dès la confirmation de la triste nouvelle, l'émotion a submergé l'antenne de RMC, sa maison de toujours. C'est un véritable hommage à Rolland Courbis qui s'organise spontanément, porté par la tristesse de ses camarades de jeu. Dans l'émission L'After Foot, dont il était l'un des piliers historiques, l'atmosphère est lourde. Daniel Riolo, compagnon de route de longue date, a partagé sa peine avec une émotion palpable : "Il était la verve, la passion, le cœur du football. On est tous dévastés ce soir. C'est une partie de RMC qui s'éteint avec lui", a-t-il confié.

Les clubs n'ont pas tardé à suivre. L'Olympique de Marseille et les Girondins de Bordeaux, deux institutions marquées par son passage, ont salué la mémoire d'un technicien hors pair. Pour beaucoup, il restera ce meneur d'hommes capable de transcender un groupe par la seule force de sa rhétorique.

Pourquoi était-il surnommé la "grande gueule" des médias ?

Si Rolland Courbis était respecté pour sa science du jeu, il était adoré - ou détesté, avouait Jacques Vendroux sur le plateau de Cnews cet après-midi -  pour sa franchise brutale. Il n'était pas homme à pratiquer la langue de bois, une qualité qui a fait de lui un consultant redoutable. Les nombreuses confidences sur sa carrière ont souvent agi comme des électrochocs pour les auditeurs. Il assumait tout, ses choix tactiques comme ses prises de position polémiques. "Moi, je dis ce que je pense. Je ne dis pas ce que les gens ont envie d'entendre. Dans ce milieu, c'est rare et je l'assume !", déclarait-il lors d'une interview pour France Bleu Provence.

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Cette liberté de ton, il l'a payée parfois au prix fort, mais elle a forgé sa légende. Dans les couloirs de la radio, on se souvient d'un homme qui, malgré son statut de star, prenait le temps de conseiller la jeune garde, jouant les pères spirituels avec une bienveillance bougonne qui n'appartenait qu'à lui.

Quels souvenirs laisse-t-il à l'Olympique de Marseille ?

Impossible d'évoquer le "Coach" sans parler de la cité phocéenne. Sa relation avec l'OM était fusionnelle, passionnelle, presque charnelle. Lorsque l'on retrace le parcours de Rolland Courbis comme entraîneur de l'OM, les moments clés affluent, notamment cette épopée jusqu'en finale de la Coupe UEFA en 1999. "Marseille, c'est ma vie. Quand vous entraînez l'OM, vous n'êtes plus tout à fait le même après. C'est le club d'une vie", écrivait-il dans son livre autobiographique, Courbis, le phénix, paru en 2017.

Cependant, son parcours n'a pas été linéaire. L'homme a connu les sommets, mais aussi les abîmes. Il n'a jamais caché les zones d'ombre de sa vie, notamment lorsque l'on évoque ses démêlés judiciaires en 2007 liés à l'affaire des transferts de l'OM (il y eut aussi, en 1990, ceux connus au SC Toulon pour lesquels il avait déjà été condamné - l'affaire de la "caisse noire"). Une période sombre, marquée par la prison, qu'il a affrontée avec sa résilience habituelle. "La prison, c'est un chapitre. J'en ai tiré une leçon, mais elle ne définit pas l'homme que je suis aujourd'hui, j'en suis sorti plus fort, pas plus bête", confiait-il courageusement à L'Équipe Magazine en 2018.

Que sait-on des circonstances de sa disparition ?

Alors que les hommages se multiplient, le flou concernant la cause du décès de Rolland Courbis annoncée par sa famille. Le communiqué reste pour l'heure pudique, évoquant une disparition paisible entourée des siens, sans entrer dans les détails médicaux, bien que des rumeurs sur une fatigue accrue circulaient depuis quelques semaines. Son absence récente des ondes avait déjà inquiété ses fidèles auditeurs. Toujours sur Cnews, Pascal Praud a admis qu'il savait qu'il était hospitalisé depuis plusieurs jours.

Ce qui est certain, c'est que l'impact de Rolland Courbis sur l'émission L'After Foot et sur le paysage audiovisuel sportif français est immense. Il laisse un vide que personne ne pourra véritablement combler. Sa voix rocailleuse, son accent chantant et ses analyses sans filtre manqueront cruellement aux soirées de football.

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