Obsèques de Rolland Courbis : l'adieu bouleversant de Zinédine Zidane

Publié par Matthieu Chauvin
le 15/01/2026
Zinédine Zidane
abacapress
Le monde du sport et du divertissement s'est réuni pour un dernier hommage à Rolland Courbis. De Zinédine Zidane à Jean-Luc Reichmann, l'impressionnant parterre de célébrités témoigne de l'empreinte laissée par l'ancien coach. Retour sur les confidences et le recueillement d'une journée riche en émotions.

L'église de la Madeleine, à Paris, n'avait jamais connu une telle concentration de célébrités pour l'adieu à un homme du ballon rond. Hier, sous un ciel de traîne grisâtre qui semblait s'accorder à la mélancolie ambiante, l'émotion a pris le pas sur la retenue habituelle du milieu sportif. Ce n'était pas seulement un entraîneur que l'on enterrait, mais une voix, une gueule, et pour beaucoup, un ami fidèle.

Le parvis de l'église s'est transformé en quelques minutes en un carrefour improbable où les légendes du stade ont croisé les stars du petit écran. L'imposant hommage à Rolland Courbis témoigne de l'aura de celui qui savait aussi bien parler tactique que divertir les foules. Une cérémonie digne de ce personnage haut en couleur, qui a su fédérer bien au-delà des simples lignes de touche.

Comment le monde du football a-t-il salué sa mémoire ?

C'était l'image que tout le monde attendait, redoutait peut-être par sa charge symbolique. Visage fermé, dissimulé derrière des lunettes noires, la présence de Zinédine Zidane à l'enterrement a figé l'assistance dans un silence respectueux. L'ancien numéro 10 des Bleus, qui a interrompu un voyage personnel pour être là, a tenu à saluer celui qui fut l'un de ses mentors indirects, une figure tutélaire de ses débuts bordelais. Ce geste fort souligne le respect immense que le "Double Z" portait au technicien.

Mais Zidane n'était pas seul. Didier Deschamps et Jean-Pierre Papin étaient également au premier rang, représentants d'une génération dorée marquée par le franc-parler du défunt. L'histoire retiendra d'ailleurs le rôle de Rolland Courbis à l'Olympique de Marseille, club où il a laissé une empreinte indélébile, transformant des joueurs en guerriers. "Rolland, c'était une voix qui comptait. Sa façon de parler du football, avec passion et sans filtre, va manquer à tout le monde", a confié Jean-Pierre Papin au micro de RMC Sport, la gorge nouée.

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Pourquoi les stars de la télé étaient-elles si affectées ?

Rolland Courbis n'était pas qu'un homme de terrain ; il était devenu une bête des studios et des plateaux. C'est ce qui explique la présence de nombreuses personnalités du PAF. On a ainsi aperçu un Jean-Luc Reichmann ému, les yeux rougis, venu dire adieu à celui qui était devenu un véritable ami au fil des années. L'animateur des 12 Coups de Midi a perdu plus qu'un collègue de média ; il pleure un confident avec qui il échangeait presque chaque semaine.

Le mélange des genres était total, prouvant l'éclectisme du carnet d'adresses de "Coach Courbis". De Patrick Bruel aux humoristes, tous ont fait le déplacement. Les rares confidences de Jamel Debbouze, glissées à la sortie de l'église, rappellent l'humain derrière le technicien. L'humoriste a évoqué leur rencontre lors d'événements caritatifs, soulignant la générosité discrète d'un homme qui n'hésitait jamais à donner de son temps pour les autres, loin des caméras et des polémiques stériles.

Quel héritage laisse le "Coach" derrière lui ?

Jusqu'au bout, Rolland Courbis aura été fidèle à lui-même : passionné et infatigable. Lors de sa dernière apparition télévisée avant son décès, rien ne laissait présager une telle issue. Il y a quelques jours encore, il décryptait l'actualité avec sa verve habituelle et son accent chantant, ne laissant rien paraître de sa fatigue ou de ses combats personnels. C'est cette image d'un homme debout, vif d'esprit, que ses proches veulent conserver.

Son héritage dépasse les statistiques de victoires. Il a révolutionné le commentaire sportif, imposant un style direct, parfois brutal, mais toujours sincère. "J'ai toujours dit ce que je pensais, quitte à me faire des ennemis. Mon seul patron, c'est le ballon", déclarait-il dans un entretien à So Foot en 2023. Aujourd'hui, le ballon est orphelin de son plus grand avocat, et le silence qui règne désormais sur les ondes est assourdissant.

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