Un champion olympique français de natation bientôt jugé pour viol sur mineure

Publié par Matthieu Chauvin
le 15/01/2026
Bassin olympique natation
Istock
La Cour d'appel de Colmar a validé ce jeudi le renvoi de l'ancien champion olympique de Londres 2012, Yannick Agnel, devant la cour criminelle pour viol et agression sexuelle sur la fille de son ancien entraîneur. Après plusieurs mois de lutte, ses avocats n'ont pas réussi à infléchir la position des magistrats.

C’est un tournant judiciaire décisif pour l’ancien nageur star de l'équipe de France. La chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Colmar a rejeté, ce jeudi 15 janvier 2026, le recours formé par la défense, comme le rapporte Libération, confirmant ainsi que Yannick Agnel, 33 ans, devra bien répondre de ses actes. Accusé de viol aggravé sur une adolescente de 13 ans, des faits remontant à 2016, l'ex-sportif voit s'éloigner la possibilité d'un non-lieu. L'affaire n'avait éclaté qu'en 2021.

Un jugement désormais inévitable

Le sursis est terminé pour le double médaillé d'or olympique à Londres, en 2012. En validant l'ordonnance de la juge d'instruction de Mulhouse, les magistrats scellent le renvoi en procès de Yannick Agnel. Il comparaîtra devant la Cour criminelle départementale du Haut-Rhin, une juridiction spécialement compétente pour juger les crimes punis de 15 à 20 ans de réclusion et composée exclusivement de magistrats professionnels

Cette décision entérine la gravité des charges : viol aggravé et agression sexuelle sur mineure de moins de 15 ans. L'avocat de la victime, maître Thomas Wetterer, a déclaré au Figaro être "satisfait" pour elle, ajoutant simplement que "le reste sera débattu devant de la cour criminelle départementale", comme indiqué.

L'impossible argument du consentement

Au cœur du dossier se trouve la nature de la relation entretenue en 2016 entre le nageur, alors âgé de 24 ans, et la victime présumée, fille de son entraîneur Lionel Horter. Si l'ancien nageur a reconnu la matérialité des actes durant l'enquête, il a toujours contesté la contrainte, évoquant une relation amoureuse partagée et consentie, qualifiée d'"amourette." Une ligne de défense balayée par l'accusation.

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Pour la justice, l'écart d'âge significatif et l'emprise psychologique (que l'accusé conteste) induite par sa position - il était hébergé au domicile familial de l'adolescente - excluent toute notion de consentement libre et éclairé. C'est ce contexte de contrainte morale qui éclaire la différence entre viol et agression sexuelle sur mineure dans ce dossier : la cour estime que la victime n'était pas en capacité de consentir face à l'aura du champion.

20 ans de prison encourus

L'heure de vérité approche, bien que le calendrier précis reste à définir. Parmi les prochaines étapes du procès de Yannick Agnel, l'accusé dispose encore d'un délai légal de cinq jours pour former un éventuel pourvoi en cassation. S'il n'exerce pas ce droit, ou si le pourvoi est rejeté, une date d'audience sera fixée rapidement.

L'enjeu est colossal pour l'ex-enfant chéri de la natation française. Le code pénal prévoit une peine pouvant aller jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle. Ce procès public marquera la première confrontation directe entre l'accusé et la plaignante devant une cour de jugement, neuf ans après les faits présumés.

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