Sanctions Trump : le tourisme à Cuba menacé par l'arrêt du ravitaillement

Publié par Stéphane Leduc
le 15/02/2026
Illustration symbolique satirique style cartoon politique moderne : Oncle Sam géant (Uncle Sam) en c
New Planet Media
Face au durcissement des sanctions américaines visant à couper son approvisionnement en pétrole, Cuba a pris une mesure drastique en suspendant le ravitaillement en kérosène des vols internationaux.

Cette crise du carburant paralyse l'île et menace directement les services essentiels. Découvrez l'impact de ces nouvelles sanctions sur la population cubaine et les risques d'une crise humanitaire.

Un mois sans avitaillement

Les autorités cubaines ont officialisé une décision lourde de conséquences : l'interruption de la fourniture de kérosène (« JetFuel ») aux compagnies aériennes internationales. Selon l'AFP, cette mesure exceptionnelle est entrée en vigueur ce mardi 10 février 2026 à minuit et doit s'appliquer pour une durée initiale d'un mois.

Les répercussions sont immédiates pour le secteur aérien et l'industrie touristique. Les vols long-courriers, tels que ceux opérés par Air France, se voient contraints d'effectuer une « escale technique » dans un autre pays des Caraïbes pour faire le plein avant de rejoindre l'Europe. Face à ces contraintes logistiques, d'autres transporteurs ont préféré jeter l'éponge. Comme le rapporte L'Écho Touristique, Air Canada, Air Transat et WestJet ont annoncé la suspension pure et simple de leurs liaisons. Ce coup d'arrêt met en péril les recettes en devises (dollars), indispensables à l'économie de l'île, et force la fermeture temporaire de certains établissements touristiques.

Des sanctions américaines durcies

À l'origine de cette pénurie aggravée se trouve le décret exécutif signé en janvier 2026 par l'administration Trump. Ce texte autorise l'imposition de tarifs douaniers supplémentaires aux nations qui continueraient de fournir du pétrole à Cuba. Cette stratégie d'« étranglement » vise à décourager les flux d'approvisionnement, déjà fragilisés par l'arrêt des livraisons du Venezuela — suite à la capture du président Maduro — et la pression exercée sur le Mexique.

Pour tenter de « ne pas s'effondrer », le gouvernement cubain a déployé des mesures d'urgence. Les administrations et entreprises d'État ont adopté la semaine de quatre jours et généralisé le télétravail afin d'économiser l'électricité. Le rationnement frappe également les particuliers avec une réduction drastique des transports interprovinciaux. Dans l'éducation, les heures de cours sont réduites et les universités basculent en distanciel. Selon le vice-Premier ministre Oscar Pérez-Oliva Fraga, l'objectif prioritaire est de réaffecter le peu de carburant disponible aux secteurs de la santé, de la production d'aliments et de la génération d'électricité.

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Une situation humanitaire alarmante

L'impact de ces restrictions dépasse largement le cadre économique. Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme se déclare « extrêmement inquiet » de l'aggravation de la crise. Sa porte-parole, Marta Hurtado, a souligné que la pénurie menace la disponibilité des services de base. Plus de 80 % des équipements de pompage d'eau dépendent de l'électricité, rendant l'accès à l'eau potable très vulnérable. Le fonctionnement des unités de soins intensifs et la distribution de vaccins sont également en danger.

 

Sur place, la vie tourne au ralenti. Une infirmière témoigne de trottoirs déserts à La Havane et de difficultés majeures pour se déplacer. Face à ce constat, la présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, a jugé la menace américaine « très injuste », déclarant : « On ne peut pas étrangler un peuple de cette manière ». Tandis que Mexico a envoyé plus de 814 tonnes de vivres, la diplomatie russe a qualifié ces nouvelles sanctions de mesures « catégoriquement inacceptables » et illégitimes.

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