Venezuela : Trump affirme que Caracas va « remettre » jusqu’à 50 millions de barils de pétrole aux États-Unis après la capture de Maduro

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 07/01/2026
Trump affirme que le Venezuela va livrer 50 millions de barils
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Après la capture spectaculaire de Nicolás Maduro, Donald Trump affirme que le Venezuela va livrer jusqu’à 50 millions de barils de pétrole aux États-Unis. Une déclaration explosive qui interroge le droit international et la souveraineté énergétique.

Une capture qui ébranle l’ordre international


Début janvier 2026, une opération militaire américaine menée à Caracas a abouti à la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro, une première historique dans les relations internationales contemporaines. Transféré à New York, Maduro est désormais inculpé devant un tribunal fédéral américain pour trafic de stupéfiants et “narcoterrorisme”, selon Washington. Cette intervention, qualifiée par les autorités américaines de combative contre le narcotrafic et par ses critiques de violation flagrante du droit international, s’inscrit dans un contexte de tensions exacerbées entre Caracas et Washington depuis plusieurs années. Ce volet militaire, inédit pour un chef d’État en exercice, ouvre une nouvelle ère de confrontation géopolitique sur fond d’intérêts économiques. 

Trump revendique une « remise » de pétrole


Dès les jours qui ont suivi l’opération, Donald Trump a cherché à encadrer cette victoire non seulement comme une réussite judiciaire ou sécuritaire, mais aussi comme un tournant énergétique et économique pour les États-Unis et leurs partenaires. Sur sa plateforme Truth Social, le président américain a affirmé que les autorités vénézuéliennes par intérim allaient « remettre » entre 30 et 50 millions de barils de pétrole aux États-Unis, pétrole qui serait vendu au prix du marché et dont les recettes seraient « contrôlées par moi, président des États-Unis ». Cette déclaration choc — sans précédent dans l’histoire des relations diplomatiques entre deux pays souverains — lie explicitement la capture de Maduro à un accès direct aux ressources pétrolières du Venezuela.

Quelle réalité derrière ces 30–50 millions de barils ?


Sur le terrain des faits, ce volume de pétrole — estimé à plusieurs dizaines de millions de barils — représente une fraction substantielle des exportations vénézuéliennes, traditionnellement axées vers la Chine et d’autres marchés asiatiques. La manœuvre de « remise » évoquée par Trump s’inscrit dans un cadre où les sanctions américaines avaient déjà partiellement bloqué les exportations de Caracas, tout en permettant à certaines compagnies — notamment Chevron — de continuer des opérations sous licences spécifiques. La perspective d’une vente directe à Wall Street ou dans les ports américains, avec les revenus gérés sous supervision américaine, alimente les critiques selon lesquelles la démarche dépasse le simple cadre économique pour toucher à une forme de contrôle stratégique indirect des ressources naturelles vénézuéliennes. 

Réactions internationales et cadres juridiques


Cette déclaration sur le pétrole s’ajoute aux nombreuses critiques internationales de l’opération elle-même. Des représentants de l’Organisation des Nations unies ont exprimé leur préoccupation quant au respect de la Charte des Nations unies et des principes de souveraineté et d’intégrité territoriale. Plusieurs États latino-américains et européens ont dénoncé l’initiative comme une ingérence, tandis que Caracas, désormais dirigée par une présidente par intérim, a fermement rejeté toute prétention américaine à gouverner ou dicter les conditions énergétiques du pays. L’ombre d’un précédent juridique dangereux plane : si la « remise » de ressources naturelles au pays d’origine d’une puissance intervenante devient possible, le cadre même du droit international pourrait être redéfini à l’avantage des plus forts. 

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Vers une ère de « pétrole comme levier politique » ?


Au-delà du court terme, l’implication ouverte de Trump dans la redistribution des barils vénézuéliens pose une question stratégique majeure : celle du rôle des ressources naturelles comme pivot de la politique étrangère. Dans un monde déjà marqué par des tensions sur l’énergie, l’annonce que jusqu’à 50 millions de barils pourraient être réattribués à un seul pays — pour être vendus et gérés suivant sa volonté — envoie un signal puissant. Ce scénario, qui mêle stratégie sécuritaire, objectifs économiques et ambitions géopolitiques, pourrait être perçu comme un précédent dangereux pour d’autres pays producteurs. Aux yeux de nombreux analystes, l’issue de cette crise ne dépendra donc pas seulement de la situation de Maduro, mais bien de la façon dont le droit international, l’économie du pétrole et les rapports de puissance seront redéfinis dans les années à venir

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