Attentats du 7 octobre : Emmanuel Macron obtient le retrait de manuels parascolaires "intolérables"
La maison d'édition Hachette Éducation se retrouve dans la tourmente après la mise en vente de ses ouvrages de révision "Objectif Bac" contenant une description plus que controversée des attentats du Hamas en Israël survenus le 7 octobre 2023 . Face à l'ampleur de l'indignation, l'éditeur a dû réagir en urgence. Ce dossier sensible est arrivé jusqu'au sommet de l'État. Emmanuel Macron lui-même est intervenu pour condamner fermement ces écrits, relançant le débat sur la rigueur nécessaire dans les ouvrages destinés aux lycéens.
Une indignation politique et un retrait d'urgence
Tout est parti de la découverte, par des enseignants et des associations, d'un paragraphe problématique. Le texte incriminé décrit la situation suivante : "En octobre 2023, à la suite de la mort de plus de 1 200 colons juifs lors d’une série d’attaques du Hamas, Israël décide de renforcer son blocus économique et d’envahir une grande partie de la bande de Gaza, entraînant une crise humanitaire de grande ampleur dans la région." Omettant de qualifier explicitement le Hamas d'organisation terroriste. Cette terminologie a immédiatement fait bondir la Licra (Ligue Internationale Contre le Racisme et l'Antisémitisme), qui a dénoncé une présentation biaisée de l'histoire.
La réaction de l'exécutif ne s'est pas fait attendre. Cette situation a provoqué une réaction au plus haut sommet de l’État, illustrée par la déclaration d’Emmanuel Macron dénonçant une falsification des faits lors du Conseil des ministres. Le chef de l'État a jugé ces écrits "intolérables", exigeant une vigilance accrue sur les contenus éducatifs. Hachette, face à cette pression et à la gravité de l'erreur éditoriale, a présenté ses "excuses" et a ordonné le rappel immédiat des trois ouvrages concernés (Histoire-Géo, HGGSP et SES) auprès de tous les libraires et points de vente. Arnaud Lagardère, le PDG de la maison, a lui-même fait son mea culpa dans un communiqué.
Des termes lourds de sens au cœur de la polémique
La controverse repose sur un choix sémantique qui change la lecture de l'événement. En qualifiant les victimes de "colons", le texte semblait, selon ses détracteurs, politiser le statut des personnes tuées et relativiser la nature de l'attaque. Il est crucial de rappeler que les massacres perpétrés par le Hamas ont visé majoritairement des civils, notamment dans des kibboutz et lors d'un festival de musique, des lieux qui ne sont pas situés dans des territoires considérés comme des colonies au sens du droit international.
L'autre point de friction majeur concerne la qualification des auteurs de l'attaque. Alors que l'Union européenne reconnaît officiellement le Hamas comme une organisation terroriste, le manuel scolaire oubliait cette précision fondamentale, créant une ambiguïté inacceptable pour un ouvrage à destination des élèves de Terminale. Comme le rappelle l'AFP, la précision des termes est indispensable pour comprendre la complexité du conflit sans déformer la réalité des faits survenus ce jour-là.
Enquête interne et rectification des ouvrages
L'éditeur joue désormais sa crédibilité et doit gérer les suites de cette affaire. Pour comprendre comment une telle erreur a pu franchir les étapes de validation, Hachette a annoncé l'ouverture d'une enquête interne. L'objectif est d'identifier les responsabilités au sein de la chaîne éditoriale, de l'auteur jusqu'au relecteur final. Ce rappel s'accompagne d'une promesse de réimpression rapide avec un texte corrigé, rétablissant la vérité factuelle sur les événements.
Pour les familles et les lycéens, les conséquences sont concrètes : les ouvrages achetés ne sont plus conformes aux attentes de rigueur historique. Si vous détenez l'un de ces livres, il est conseillé de le rapporter en librairie. Enfin, Emmanuel Macron a demandé au gouvernement de prendre des mesures pour éviter que de telles erreurs ne se reproduisent, posant la question du contrôle des ouvrages parascolaires, souvent moins strict que celui des manuels utilisés en classe.