Service national obligatoire

Xavier Bertrand s'arc-boute sur sa proposition phare : un service national obligatoire. Je suis en total désaccord avec cette "fausse bonne idée" ; je l'ai déjà dit.

Ayant connu l'époque du service national obligatoire, je peux affirmer que "la quille" était l'espérance ultime de quasiment tous les appelés, même après la fin de la guerre d'Algérie, et je suis convaincu que, aujourd'hui, les conditions d'accueil d'un tel service ne sont pas meilleures qu'hier, bien au contraire.

Certes, la Marseillaise et les trois couleurs qui illuminent le monde me font chaud au coeur ; la perfide Albion elle-même nous offre le plus vibrant des soutiens ; et je dois avouer que l'hommage, très sobre, de David Cameron au Bataclan m'a ému.

Certes, les volontaires se bousculent au portillon de l'armée. Certes encore, même en France, l'hymne national a retrouvé des couleurs. Selon moi, réjouissons-nous, mais ne tirons pas trop sur cette corde : provisoirement elle vibre juste mais elle est fragile.

Plus généralement, il ne faut pas rêver : condescendre à quelques vocalises est une chose ; accepter de glander pendant quelques mois en est une autre. Imposer à tous un tel engourdissement serait probablement la meilleure façon de dévaloriser l'armée, et d'abord auprès de ceux qui servent la France en exerçant une activité dont le pays a besoin. De plus, un tel choix imposé sans discernement coûterait fort cher en instructeurs et en matériel. Et il n'est pas certain que ce brassage ouvrirait sur la connaissance de l'autre : l'assimilation ne peut être que l'issue d'un long processus, au Rwanda comme ailleurs.  

Par contre, il peut y avoir des variantes intéressantes. D'une part, il y a trop de volontaires pour les besoins de l'armée d'aujourd'hui qui doit être rigoureusement professionnelle. Il serait sûrement possible d'orienter une partie de ce flot vers un service civil qui serait à la fois une formation et un soutien aux innombrables activités de la nation.

D'autre part, il pourrait être opportun d'imposer, dans un cadre militaire, un  service national à certains jeunes chômeurs ou à des élèves un peu trop "perturbateurs". Mais ce retour à l'ordre doit rester marginal. Ce n'est pas à l'armée de remplacer l'école pour inculquer les valeurs républicaines, dont le respect de l'autre et de l'autorité. On admet encore que la discipline reste la force principale des armées. Mais il ne faudrait pas oublier qu'un peu de discipline est un facteur indispensable dans l'éducation.

En vidéo sur le même thème :Le général Olivier de Bavinchove n'est "pas favorable au rétablissement du service militaire"


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