Révélations sur Laurence Auzière : la fille de Brigitte Macron exposée à l'IMA par Jack Lang
Alors que le monde de la culture est en ébullition après les révélations concernant Jack Lang, une nouvelle enquête vient fragiliser un peu plus les liens entre le pouvoir exécutif et les grandes institutions artistiques. L'hebdomadaire satirique Le Canard enchaîné a mis au jour, dans son édition de la mi-février 2026, une connexion inattendue entre l'ancien ministre de la Culture et la famille présidentielle, sur fond de promotion artistique et de pseudonyme mystérieux.
Une cardiologue sous les projecteurs de l'IMA
Selon l'enquête du Canard enchaîné, l'artiste « Laurence Graffensttaden », mise à l'honneur à l'Institut du Monde Arabe (IMA) courant 2024, n'est autre que Laurence Auzière, la fille aînée de Brigitte Macron. Cardiologue reconnue, elle mène en parallèle une carrière de peintre sous ce nom d'emprunt.
Ce pseudonyme n'a pas été choisi au hasard. Comme le rapporte Marie France, il fait référence à la ville d'Illkirch-Graffenstaden, berceau familial de son compagnon, Matthieu Gasser. Cette double identité lui a permis d'exposer ses œuvres dans une relative discrétion vis-à-vis du grand public, tout en bénéficiant d'une vitrine institutionnelle exceptionnelle. Ses toiles ont en effet été intégrées aux collections ou présentées lors d'événements officiels de l'IMA, offrant à cette artiste émergente une visibilité rare, difficilement accessible sans un solide réseau.
Un soutien dithyrambique controversé
Le rôle de Jack Lang, alors président de l'IMA, apparaît central dans cette mise en lumière. L'ancien ministre n'a pas tari d'éloges sur le travail de la fille de la Première dame. Citant ses propos, Le Tribunal du Net rapporte qu'il qualifiait ses toiles d'« ode à l'art » et de « ravissement pour les yeux [et] pour l'âme ». Il évoquait même des œuvres qui « subliment l'invisible et déclinent une riche palette maniant avec génie la luminosité des couleurs primaires ».
Cependant, ce soutien soulève des questions de fond sur la mission de l'institution. L'IMA, fondation de droit privé financée par des fonds publics, a pour vocation statutaire de faire rayonner la culture du monde arabe. La présence d'une artiste française, dont l'œuvre ne présente pas de lien évident avec cette thématique, crée un décalage pointé du doigt par les observateurs.
Ce choix de programmation intervient dans un contexte particulièrement lourd pour l'ancien ministre. Fin janvier 2026, des documents déclassifiés de l'administration américaine concernant l'affaire Jeffrey Epstein ont révélé que le nom de Jack Lang y apparaissait 673 fois. Pour certains critiques, cette exposition opportune ressemble à un « renvoi d'ascenseur » en s'affichant proche de l'entourage présidentiel.
Des soupçons de népotisme et une démission
Cette affaire alimente les critiques récurrentes sur l'« entre-soi » des élites parisiennes et le mélange des genres. Si l'Élysée dément toute intervention directe pour l'achat d'œuvres, le soutien institutionnel accordé par une structure sous tutelle publique reste problématique aux yeux du contribuable. La polémique met en lumière la porosité entre les amitiés politiques et la gestion des établissements culturels nationaux.
La pression médiatique et judiciaire aura finalement eu raison de la présidence de Jack Lang. Fragilisé par les révélations sur ses liens financiers présumés avec Epstein et l'ouverture d'une enquête par le Parquet national financier (PNF) pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée », il a officiellement démissionné de ses fonctions à l'IMA le 10 février 2026, après treize années de mandat. Cette sortie par la petite porte laisse derrière elle une institution à l'image écornée, contrainte désormais de rassurer sur la transparence de ses choix artistiques.
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