Mort de Quentin à Lyon : l'ombre de la Jeune Garde et d'un assistant parlementaire LFI
L'affaire prend une tournure politique explosive. Quelques jours après la violente agression d'un jeune homme de 23 ans en marge d'une conférence à Sciences Po Lyon, l'annonce de son décès a provoqué une onde de choc nationale. Tandis que la justice requalifie les faits en homicide, les regards se tournent vers un groupe antifasciste bien connu des services de police, dont la dissolution est pourtant actée depuis l'an dernier. Alors que le mouvemenent féministe identitaire Némésis met directement en cause des membres de ce groupuscule, dont un proche collaborateur du député LFI Raphaël Arnault, l'exécutif tente d'apaiser les tensions.
Une enquête requalifiée pour coups mortels aggravés
Le drame s'est noué le 12 février 2026. En marge d'une conférence de la députée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon, Quentin, jeune édudiant de 23 ans, a été violemment pris à partie par un groupe d'individus. Rapidement pris en charge par les secours, le jeune homme a été hospitalisé en état de mort cérébrale avant de succomber à ses blessures le 14 février, confirme La Croix. Face à la gravité de cette issue fatale, le parquet de Lyon a immédiatement réagi en modifiant le cadre de l'investigation.
L'enquête est désormais ouverte pour « coups mortels aggravés », retenant spécifiquement les circonstances de « réunion, d'usage d'arme, et de mis en cause dont le visage est dissimulé », rapporte le journal Le Parisien. Si le collectif Némésis dénonce un véritable « lynchage » politique, la famille de la victime a tenu à préciser que Quentin ne faisait pas partie d'un service d'ordre ce soir-là, contestant la version d'une rixe organisée.
Un antifascisme violent né à Lyon
Au cœur des accusations figure la Jeune Garde, un collectif antifasciste d'ultragauche fondé à Lyon en 2018 par l'actuel député Raphaël Arnault. Ce mouvement, qui revendique une centaine de membres et sympathisants, s'est structuré initialement en réaction à des groupes d’ultra-droite comme le Bastion Social. Lyon est rapidement devenue leur « bastion historique », note Europe 1, théâtre d'affrontements réguliers pour le contrôle de la rue.
Leur méthode repose sur l'occupation du terrain et la confrontation physique directe avec l'extrême droite. Cette stratégie de la tension et ces affrontements récurrents ont conduit le gouvernement à prononcer la dissolution du groupuscule en Conseil des ministres en juin 2025. Le décret mentionnait explicitement des « agissements violents contre les personnes ». Toutefois, le groupe a contesté cette décision en déposant un recours devant le Conseil d'État. Selon plusieurs observateurs, le mouvement tenterait actuellement de se reconstituer sous une nouvelle bannière, baptisée « Éteignions la flamme ».
Un collaborateur parlementaire LFI pointé du doigt
L'affaire embarrasse considérablement La France Insoumise. Raphaël Arnault, député du Vaucluse élu en 2024 et figure tutélaire du mouvement dissous, se retrouve sous le feu des critiques. Le collectif Némésis accuse formellement Jacques-Élie Favrot, collaborateur parlementaire de l'élu et membre actif de la Jeune Garde, d'avoir été reconnu sur les lieux de l'agression. Si aucune conclusion judiciaire ne confirme pour l'heure cette accusation, la pression politique s'intensifie sur le parti de gauche.
Face à la polémique grandissante, Raphaël Arnault a exprimé son « horreur et dégoût », souhaitant publiquement que « toute la lumière soit faite » sur ce drame. De son côté, Manuel Bompard, coordinateur de LFI, a condamné « avec la plus grande fermeté » toute violence physique, tentant de distancier le parti des agissements autonomes du groupe antifasciste. Dans ce climat électrique, le Président de la République Emmanuel Macron a lancé un appel solennel au « calme, à la retenue et au respect », redoutant un engrenage de représailles violentes entre groupuscules politisés.