Plusieurs éléments auraient conduit à cette baisse constante du niveau en mathématiques des élèves français. Parmi eux, le manque de formation scientifique des enseignants de primaire, mais aussi la diminution du nombre d'heures de cours de mathématiques au collège.
Mathématiques : pourquoi le niveau des élèves français ne cesse de chuter ?Adobe Stock

Pourquoi les élèves français sont-ils autant à la traîne en mathématiques ? La dernière étude TIMSS, publiée ce mardi 8 décembre par l’Association internationale pour l’évaluation de la réussite éducative (IAE) le confirme : les élèves français de CM1 et de quatrième sont parmi les moins bons de l’Union européenne. Les élèves de CM1 affichent un score de 485 points en mathématiques et 488 en sciences, en deçà de la moyenne internationale (529 et 526 respectivement) et de la moyenne européenne (527 en maths, 522 en sciences), selon l’étude.

Alors quelles sont les raisons de cet échec de l’enseignement français en mathématique s ? Le problème n’est pas nouveau puisque les élèves français faisaient déjà office de bonnets d’âne de l’Europe l’année dernière, et également déjà en 2016, mais ce qui est inquiétant c’est de voir que le niveau continue de baisser. En effet, la dernière étude du TIMSS souligne ainsi qu’il y a en France "de moins en moins de bons élèves en mathématiques en CM1" ainsi qu’en 4e.

Une formation scientifique insuffisante pour les enseignants

Le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a reconnu dans la journée sur BFMTV/RMC que "le niveau de mathématiques est beaucoup trop faible en France". Cela justifie d’autant plus selon lui le lancement il y a deux ans du "plan mathématiques", inspiré d’un rapport écrit par les mathématiciens Cédric Villani et Charles Torossian. Cédric Villani, mathématicien et député de l’Essonne, estime d’ailleurs dans La Dépêche du Midi qu’en 25 ans, les élèves français ont "perdu une année de scolarité en mathématiques". Selon lui, "en 1995, le niveau des élèves de 5e correspondait à celui de nos élèves actuellement en 4e".

Dans un article de franceinfo.fr, le président de l’APMEP, l’association des professeurs de mathématiques, cible le rôle des enseignants. "Il y a un gros travail de formation des enseignants, une formation continue plus axée sur les fondamentaux", estime en effet Sébastien Planchenault. Un constat partagé par Charles Torossian, co-auteur du plan Villani-Torossian sur les mathématiques en France. "Les professeurs d'école en primaire n'ont pas eu de formation scientifique et on rencontre quelques difficultés à transmettre les notions mathématiques", estime en effet le directeur de l'Institut des hautes études de l'éducation et formation. "On avait noté dans notre rapport qu'il fallait multiplier par cinq l'effort de formation continue sur les enseignants. Nous sommes en train de le faire, nous avons aujourd'hui quasiment 1 600 référents mathématiques de circonscription qui travaillent sur le terrain au plus près des professeurs des écoles. Il y a beaucoup de confiance à reconstituer auprès des enseignants, notamment du premier degré", ajoute-t-il.

Un nombre d’heures de cours insuffisant au collège

Pour Charles Torossian, le problème des élèves français avec les mathématiques n’est pas seulement dû au problème de formation des enseignants. Il confie à franceinfo que l’enseignement des mathématiques a diminué en nombre d’heures des cours depuis quelques années. "Au niveau du collège, il y a dix ans, il y avait cinq heures en sixième alors qu'à l'heure actuelle on a 4h30. Sur les niveaux de la cinquième à la troisième, on a 3h30 alors qu'avant on avait quatre heures." Selon le directeur de l'Institut des hautes études de l'éducation et formation, "il faudrait plus d'heures pour laisser plus de temps à l'appropriation des notions travaillées avec les élèves."

Un problème qui se serait accentué avec la réforme du baccalauréat, selon Sophie Vénétitay. "Les chiffres de cette rentrée montrent que 41% des élèves de terminale ne font pas du tout de mathématiques en spécialité ou en option. On est passé du tout au rien", estimela secrétaire générale adjointe du SNES-FSU. La syndicaliste s'inquiète de la disparition d'un bagage commun "et ça ne va pas arranger la formation des étudiants qui se destinent au métier de l'enseignement".

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