"La France ne pourra plus s'en passer", l'immigration serait-elle la solution au déclin démographique ?

Publié par Elise Laurent
le 16/12/2025
Population
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Le bilan démographique de l’Insee annonce un tournant historique avec, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, un nombre de décès qui devrait dépasser celui des naissances dès 2025.

C’est une rupture majeure dans l’histoire contemporaine de l’Hexagone. Alors que la France faisait figure de modèle de résilience en Europe, les derniers chiffres de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) confirment la fin d'une époque. Planet fait le point sur cette nouvelle donne qui redessine l'avenir de notre société.

Un basculement historique inédit depuis la guerre

Les projections sont désormais claires : cette année marque la fin de l'exception démographique française post-guerre. Pour la première fois depuis 1945, le nombre de décès sur le territoire devrait dépasser celui des naissances. Ce phénomène, appelé solde naturel négatif, était jusqu'ici l'apanage de nos voisins allemands ou italiens, mais la France rejoint désormais cette tendance lourde.

Les prémices de ce basculement sont déjà visibles dans le bilan 2024 publié par l'Insee. Le solde naturel s'est effondré pour atteindre un seuil critique de +17 000 personnes seulement. C'est un niveau historiquement bas qui prépare le terrain à l'inversion de la courbe attendue pour 2025. Dès lors, la dynamique de la population change de moteur. La même année, la France avait gagné +152 000 habitant grâce à l'immigration qui permet à la population globale de continuer à croître légèrement, compensant un dynamisme des naissances à l'arrêt.

Les raisons d'une chute brutale de la natalité

Ce croisement des courbes s'explique par la conjonction de deux phénomènes. D'un côté, la mortalité reste structurellement élevée en raison du vieillissement des générations nombreuses du baby-boom. De l'autre, on observe une baisse drastique des naissances. L'Insee révèle que l'indicateur conjoncturel de fécondité a chuté à 1,62 enfant par femme en 2024. Nous sommes désormais très loin du seuil de renouvellement des générations, fixé à 2,1.

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Il est essentiel de comprendre pourquoi le nombre de décès dépasse les naissances en France de manière si soudaine. Au-delà des choix individuels, le contexte sociétal pèse lourd. L'incertitude économique, les difficultés d'accès au logement et l'anxiété liée aux crises environnementales poussent les couples à reporter, voire à annuler leurs projets parentaux. Les conséquences de l'indice de fécondité à 1,62 ne sont pas qu'un simple chiffre statistique : elles traduisent un changement profond de modèle familial et une perte de confiance en l'avenir qui grippe la mécanique démographique traditionnelle.

L'impact inévitable sur votre future retraite

Cette nouvelle réalité arithmétique ne sera pas sans douleur pour notre modèle social. Le sujet le plus brûlant concerne évidemment l'impact sur les retraites. Notre système par répartition repose sur un équilibre précaire : les cotisants d'aujourd'hui financent les pensions des retraités actuels. Or, avec moins de naissances, la base de la pyramide des âges se rétrécit, tandis que le sommet s'élargit.

La pression financière sur les régimes de retraite va donc s'accentuer mécaniquement. Moins d'actifs pour soutenir un nombre croissant de seniors impliquera donc soit une baisse des pensions, soit une hausse des cotisations, soit un recul de l'âge de départ. 

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