Éducation alimentaire à l'école : les députés votent en première lecture une proposition de loi
Éduquer les élèves à l’alimentation pour lutter contre le boom de l’obésité, c’est l’objectif de ce texte adopté ce lundi 16 février par les députés. À l’origine de cette proposition de loi, la députée Renaissance Olivia Grégoire a rappelé l’enjeu majeur de santé publique que constitue la montée de l’obésité ces dernières années en France. « Près d’un adulte sur deux est en situation de surpoids, l’obésité a été multipliée par quatre chez les plus jeunes […] en moins de 30 ans », a indiqué l’élue.
Une expérimentation sur la base du volontariat pendant trois ans
En réponse à cette situation préoccupante, les députés ont voté cette proposition de loi visant à tester les cours d’alimentation à l’école. Concrètement, que prévoit ce texte ? Expérimenter pendant trois ans sur la base du volontariat au moins trois séances annuelles d’éducation à l’alimentation, de la petite section de maternelle au CM2.
Les collèges et lycées sont également concernés avec des parcours prévus. En marge d’une conférence de presse en ligne tenue ce lundi 16 février, la parlementaire Olivia Grégoire a insisté sur l’importance de l’action face à la hausse de l’obésité. « Ce que nous ne transmettons pas aujourd’hui dans nos classes, nous risquons très fortement d’avoir à le payer demain, malheureusement, à l’hôpital », a-t-elle averti. Avec ces cours dédiés à l’alimentation, la députée milite en faveur d’un moyen permettant « d’assurer à chaque élève, où qu’il grandisse, un accès à (un) apprentissage fondamental ». L’idée est simple : enseigner aux élèves la préparation des repas et l’équilibre nutritionnel.
Une proposition de loi décriée par l’opposition
Si la proposition de loi a été votée par 68 voix pour et aucune contre, certains parlementaires n’ont pas manqué d’émettre des critiques à son égard. À commencer par la députée PCF Soumya Bourouaha. « Ce texte ne propose pas de mesures clés pour permettre aux foyers les plus modestes de mieux se nourrir », a déclaré l’élue de Seine-Saint-Denis. Initialement, le texte prévoyait un « fonds d’action » financé par l’État et potentiellement des entreprises privées pour « accompagner financièrement les communes les plus modestes dans l’organisation d’activités pédagogiques », d’après Olivia Grégoire.
Une éventuelle participation des acteurs privés que fustige la députée LFI Marie Mesmeur. « Coca-Cola, Danone ou Nestlé pourront financer l'éducation à l'alimentation dans l'école publique, ce qui leur permettrait de redorer leur image », a-t-elle vilipendé. En commission, l’article en question avait été annulé et Olivia Grégoire a choisi de ne pas le réintroduire pour l’instant. « Je maintiens que le dispositif est indispensable pour permettre à nos acteurs associatifs de pouvoir opérer dans les meilleures conditions possible », a-t-elle expliqué.
Cette dernière avait également déposé un amendement de réécriture stipulant que les entreprises ne peuvent « pas faire état, à des fins commerciales ou de communication, des projets financés par le fonds ». Selon l’UNICEF, un enfant sur dix dans le monde est touché par l’obésité. Outre la dimension sanitaire, cette proposition de loi s’inscrit dans une volonté de soutenir l’agriculture française.