Daech : les erreurs de Hollande

Face à un drame national, l'usage veut que la France serre les rangs derrière son président. Et pourtant, je me permets de transgresser ce réflexe patriotique. Les erreurs de Hollande sont trop graves et trop évidentes pour qu'on puisse encore se taire.

Il a fallu attendre hier pour que les services secrets français aient le droit d'infiltrer les armées de Daech, alors que tout le monde sait, même les enfants, que cet aspect de la défense est prioritaire.

Tous les services de renseignements signalaient une menace terroriste imminente ; pendant ce temps, le chef des armées, Jean-Yves Le Drian, était en campagne pour les élections régionales, en Bretagne.

J'ai participé à la marche patriotique et internationale du 11 janvier. Mais, dès le 8 janvier, et ensuite, j'ai hurlé sur mon modeste blog que le slogan "Je suis Charlie" était un grave facteur de division. Ce slogan a été imposé en lettres de sang sur l'Institut du monde arabe. Il a été "placardé" sur la magnifique édition du dimanche matin sur l'Islam : un chef-d'oeuvre de modération et de rigueur historique (sur la 2). Il y a deux jours, lors d'une grande émission, on rappelait que, dans plus d'une centaine d'établissements scolaires, des jeunes avaient refusé la minute de silence : mais en oubliant que ce qu'on demandait à ces jeunes c'était, de fait, de cautionner Charlie Hebdo. Si j'avais été musulman, même modéré, et si mon fils ou ma fille avait refusé de cautionner ce sacrilège, j'aurais été fier d'avoir un tel enfant. Oui, le 11 janvier, les musulmans modérés français ont su que les apparatchiks au pouvoir ne les comprenaient pas.

François Hollande est entré en guerre au Mali. Je cautionne totalement cet engagement. Mais la guerre n'est ni un jeu vidéo, ni un théâtre d'escarmouches parlementaires. Il aurait dû expliquer clairement aux Français que l'on était en guerre et prendre les mesures en conséquences. Madame Taubira représente une sensibilité estimable mais, dans ce type de guerre, le ministre de la Justice est en première ligne comme celui des armées et celui de l'intérieur. Ce n'est pas par hasard que François Mitterrand a été ministre de la justice durant la guerre d'Algérie.

Un petit rappel pour les nuls en Histoire. François Mitterrand était contre l'indépendance de l'Algérie. Selon moi, ce n'était pas par conviction idéologique mais pour s'imposer contre Pierre Mendès France.

Le laxisme de madame Taubira, respectable en temps de paix, aurait dû être remplacé par un patriote un peu plus au fait des valeurs historiques de la métropole : la gauche n'en manque pas.

Et maintenant ? Une priorité, on l'a déjà dit, est de signifier à monsieur Erdogan qu'il doit choisir clairement entre les démocraties occidentales et son soutien à Daech.

En vidéo sur le même thème :Attaques terroristes : retour sur une nuit de cauchemar à Paris 

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