Cyberharcèlement de Brigitte Macron : prison ferme et fortes amendes pour les accusés
Ce lundi 5 janvier 2026, le tribunal correctionnel de Paris a rendu son délibéré concernant la vaste campagne de dénigrement et de rumeurs transphobes qui avait visé l'épouse du chef de l'État. En condamnant les dix prévenus pour cyberharcèlement, la justice envoie un signal fort sur la responsabilité des internautes, qu'ils soient à l'origine des fausses informations ou simples relais.
Des peines de prison ciblées contre les instigateurs
Les juges ont opéré une distinction nette entre les meneurs et les suiveurs dans ce dossier. La condamnation de Zoé Sagan et Amandine Roy, identifiés comme les principaux moteurs de la rumeur, est particulièrement lourde. Aurélien Poirson-Atlan, qui se cache derrière le pseudonyme de "Zoé Saga", a écopé de la sanction la plus sévère avec huit mois d’emprisonnement avec sursis. De son côté, la médium Amandine Roy, autrice de la vidéo virale de 2021 ayant lancé la polémique, a été condamnée à six mois de prison avec sursis, tout comme le galeriste Bertrand Scholler.
Le tribunal a ensuite infligé aux sept autres prévenus, considérés comme des "suiveurs", des peines de quatre à huit mois de prison avec sursis, un simple stage de "sensibilisation" pour la moins sévère et de 6 mois ferme pour la plus lourde. Ces condamnations visent à sanctionner des propos qualifiés de "malveillants, dégradants et insultants", relate Le Monde, relayant l'infox selon laquelle la Première dame serait une femme transgenre.
Une interdiction stricte des réseaux sociaux
Au-delà de la peine de prison avec sursis pour cyberharcèlement, le tribunal a prononcé des peines complémentaires visant directement le canal de diffusion de la haine. Les trois instigateurs, dont Amandine Roy et Aurélien Poirson-Atlan, se voient condamnés à une interdiction d'utiliser leurs comptes sur les réseaux sociaux pendant une durée de six mois. Cette mesure vise à couper court à toute récidive immédiate et à limiter leur audience.
Un fait notable marque également ce verdict : l'un des prévenus, absent lors des audiences, a été condamné à six mois de prison ferme. Cette sévérité s'explique par son défaut de comparution lors des deux jours de procès fin octobre 2025, la justice n'ayant pas pu aménager sa peine comme pour les autres. L'interdiction de réseaux sociaux suite à condamnation pourrait devenir une norme pour ce type d'infraction, privant les influenceurs polémiques de leur outil de travail et de nuisance.
Un stage de citoyenneté aux frais des coupables
La véritable nouveauté de ce jugement réside dans sa dimension pédagogique. Le tribunal a ordonné une mesure éducative prenant la forme d'un stage de sensibilisation au respect numérique contre le cyberharcèlement. Cette formation, que les dix condamnés devront suivre impérativement et à leurs propres frais, a pour but de leur faire prendre conscience de la gravité de leurs actes en ligne.
Pour l'avocat de Brigitte Macron, maître Jean Ennochi, cité par Le Parisien, "l'important sont les stages de prévention et la suspension des comptes". Sur le plan civil, les prévenus devront s'acquitter solidairement d'une amende de 10 000 euros au titre du préjudice moral. Ce verdict vient clore une séquence douloureuse pour la famille présidentielle, dont la fille de la Première dame, Tiphaine Auzière avait rappelé à la barre les lourdes conséquences sur leur vie quotidienne.