Facture d'électricité : ce réflexe anodin en cuisine qui la fait grimper de 25 %
C'est une scène classique des soirées d'hiver : une grande marmite de soupe fumante trône sur la cuisinière ou un gratin sort tout juste du four. Pressé d'en finir avec le rangement ou soucieux de l'hygiène, vous glissez immédiatement les restes encore chauds dans votre réfrigérateur. Ce geste, qui semble relever du bon sens ménager, est en réalité un piège énergétique redoutable. Alors que nous surveillons nos radiateurs de près, nous négligeons souvent ce poste de dépense caché. En voulant bien faire, nous sollicitons inutilement l'un des appareils les plus gourmands de la maison.
Le plat chaud au frigo : pourquoi l'addition est-elle si salée ?
Si le "batch cooking" (le fait de cuisiner en gros pour la semaine) est une excellente méthode pour gagner du temps, il peut se retourner contre votre portefeuille s'il est mal géré. En effet, l'Agence de la transition écologique (Ademe) est formelle : introduire un aliment chaud dans votre appareil peut provoquer une surconsommation d'électricité allant jusqu'à 25 %.
Ce chiffre est loin d'être négligeable quand on sait que le froid (réfrigérateur et congélateur) représente déjà une part massive des dépenses des ménages, pesant parfois jusqu'à 20 % de la facture d'électricité annuelle hors chauffage. Cette augmentation de la facture d'électricité en hiver à cause de cet appareil indispensable passe souvent inaperçue, noyée dans la consommation globale, mais elle pèse lourd sur la durée. C'est précisément pourquoi mettre un plat chaud au frigo est une mauvaise idée, au-delà même des questions de conservation.
Comment votre appareil réagit-il à cette intrusion thermique ?
Pour comprendre l'impact, il faut saisir le fonctionnement de votre appareil. Contrairement aux idées reçues, un réfrigérateur ne "fabrique" pas du froid ; il évacue la chaleur présente à l'intérieur pour atteindre une consigne, généralement fixée à +4°C. Lorsque vous y déposez une cocotte à 50 °C ou 60 °C, vous créez un choc thermique interne.
La sonde détecte immédiatement cette hausse anormale. La conséquence ? La consommation d'électricité du compresseur à cause d'un plat chaud s'emballe : le moteur doit tourner en surrégime et beaucoup plus longtemps pour compenser cet apport calorique et rétablir la température idéale du réfrigérateur pour économiser l'énergie. De plus, la vapeur dégagée par le plat chaud va se condenser sur les parois froides, créant une couche de givre isolante qui oblige l'appareil à consommer encore davantage pour maintenir le froid.
3 réflexes pour refroidir vos plats sans risque
Il ne s'agit évidemment pas de laisser votre blanquette sur le comptoir toute la nuit. Pour des raisons sanitaires, il est impératif de ne pas laisser un plat à température ambiante plus de deux heures, au risque de voir proliférer les bactéries.
Comment concilier sécurité sanitaire et économies ? Voici la marche à suivre :
- le bain-marie inversé : c'est l'astuce pour refroidir rapidement des plats avant stockage la plus efficace. Plongez votre récipient (fermé hermétiquement) dans un fond d'évier rempli d'eau très froide et de glaçons. En quelques minutes, la température chutera drastiquement, rendant le plat inoffensif pour votre frigo ;
- la stratégie du fractionnement : au lieu de stocker la marmite entière, transvasez vos préparations dans plusieurs petits contenants plats. La chaleur s'évacuera bien plus vite qu'au cœur d'un grand volume ;
- l'entretien préventif : adopter de bonnes habitudes pour réduire la consommation d'énergie en cuisine passe aussi par la maintenance. Surveillez l'épaisseur du givre : au-delà de 3 mm, votre appareil consomme 30 % d'électricité en plus. Pensez également à vérifier l'étanchéité de vos joints pour éviter que l'air chaud de la cuisine ne s'infiltre en permanence.