Cette prime de 150 euros supprimée pour les personnes sans enfant ?
La mesure, si elle est votée, marquerait une pour le coup une vraie rupture, mais peut-être pas celle souhaitée par Sébastien Lecornu. La suppression de la traditionnelle prime de Noël, tant attendue chaque fin d'année par les personnes les plus précaires, est en effet sur la table, a déclaré le Ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, sur France Inter le 4 novembre. Tous les profils ne seraient toutefois pas concernés.
Plus de prime pour les ménages sans enfant ?
L'objectif affiché par le gouvernement est de réaliser une économie de 200 millions d'euros en réduisant le nombre de bénéficiaires de cette aide dès 2026. Cette somme participerait à l'effort global de réduction du déficit de la Sécurité sociale, estimé à 23 milliards d'euros en 2025, comme le rapporte Le Parisien.
Concrètement, seraient concernés par la suppression de la prime de Noël les personnes sans enfant qui perçoivent le Revenu de Solidarité Active (RSA), l'Allocation de Solidarité Spécifique (ASS) ou encore l'Allocation Équivalent Retraite (AER) mais aussi les chômeurs en fin de droits.... Pour ces foyers, la perte sèche serait de 152,45 euros pour une personne seule et de 228,68 euros pour un couple, sur la base des montants versés par la CAF et généralement reconduits chaque année.
Une proposition "incompréhensible"
Sur le plateau de la radio de service public, Benjamin Duhamel lance au ministre, à propos de cette suppression, qu'elle est "incompréhensible." Jean-Pierre Farandou rétorque : "Ce qui doit être compris déjà, c'est l'état des comptes de la Sécurité sociale. C'est pour ça qu'on est amenés parfois à faire des propositions qui peuvent sembler un peu agressives pour les Français."
Le présentateur de l'émission a beau rappeler que les sommes versées sont faibles, l'échange sur le sujet est conclu de la part du ministre par un lapidaire : "La générosité qu'on a connue pendant des décennies est peut-être arrivée à son terme." En 2024, la prime de Noël avait bénéficié à 2,2 millions de ménages, et déjà, la surprime pour les familles monoparentales avait fait l'objet d'une coupe budgétaire puisqu'elle avait tout simplement été, également, supprimée, pour les mêmes motifs évoqués par Jean-Pierre Farandou.
Un débat parlementaire qui s'annonce tendu
L'article du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS 2026) proposant la suppression de la prime de Noël est actuellement examiné à l'Assemblée nationale. Le débat s'annonce houleux. Toujours sur France Inter, le ministre s'est justifié plus globalement sur les mesures que le projet contient : "La Sécurité sociale est en train de diverger, c’est un bien commun. Si on n’a pas le courage de s’attaquer à bras-le-corps à son équilibre, ça va déraper : à un moment, on ne sera plus capable de payer les retraites, les remboursements..."
Si le texte est adopté en l'état, la prime de Noël versée en décembre 2025 sera la dernière accessible à tous les bénéficiaires de minima sociaux éligibles. Mais Jean-Pierre Farandou a aussi expliqué qu'il était prêt à renoncer à cette mesure... si on lui offrait la possibilité de réaliser la même économie par ailleurs. "Je n’ai pas de problème à remettre en question (…) mais je serai attentif à ce qu’on me dise quelle est l’économie ou la recette qui va avec."