Arnaque au faux Brad Pitt : Anne, escroquée de 800 000 €, demande un remboursement à ses banques
Un an après avoir levé le voile sur son calvaire financier et émotionnel, l'affaire prend un tournant judiciaire. Anne Deneuchatel, décoratrice d'intérieur de 53 ans, a décidé de ne plus subir la situation après avoir été délestée de plus de 800 000 euros par des escrocs usurpant l'identité de l'acteur américain. Hospitalisée pour une grave dépression à la suite de cette révélation, elle pointe désormais du doigt la responsabilité des banques.
Une offensive judiciaire contre les banques
La quinquagénaire a officiellement déposé plainte contre ses deux banques pour un présumé "manquement à leur obligation de vigilance". Au cœur du dossier, la validation de dix-huit ordres de virement distincts étalés sur près de deux ans, qui n'auraient, selon elle, « alerté personne ».
L'ambition de cette démarche est précise : obtenir une « indemnisation financière proportionnelle aux préjudices causés par les banques ». Pour la victime, le système de contrôle a failli devant l'ampleur des sommes transférées. « Il y a des failles et cela ne doit plus se reproduire », martèle-t-elle auprès de La Dépêche.
Des libellés de virements aberrants
Ce qui choque particulièrement dans ce dossier, ce sont les intitulés des transactions validées sans encombre par les établissements. La plaignante dénonce des « motifs grotesques » qui auraient dû constituer des signaux d'alarme immédiats. Parmi les exemples cités par La Dépêche, on retrouve des mentions lunaires comme « Opération Mr William Bradley Pitt » pour 35 000 euros, ou encore « Transplantation rein William Bradley Pitt Clinic Mayo Dr Hatem » pour un montant de 59 000 euros.
Son avocat ne mâche pas ses mots dans les colonnes de La Dépêche : « Il y a au minimum 400 à 500 000 euros sur les sommes totales de transactions qui n’auraient jamais dû passer le contrôle minimal des banques. Le libellé de ces virements, c’est souvent du grand n’importe quoi ».
L'intelligence artificielle au service de l'arnaque
Derrière ces sommes colossales – environ 830 000 euros volatilisés en un an et demi – se cache une machination sophistiquée révélée notamment dans l'émission Sept à Huit en janvier 2025. Les "brouteurs" ont massivement utilisé l'Intelligence Artificielle pour générer de « documents d’identité falsifiés et de faux selfies », rendant l'illusion parfaite.
« On m'a harponnée par la soi-disant mère de Brad Pitt. [...] Cette histoire m'est arrivée parce que j'étais dans une fragilité extrême », confiait Anne Deneuchatel, en septembre dernier. Elle décrit une manipulation psychologique redoutable : « C'est un réel métier que ces escrocs, ces brouteurs comme on les appelle, exercent pour vous manipuler, vous retourner le cerveau ».
Le prix à payer n'a pas été seulement financier. Suite à la médiatisation de son histoire, Anne a été « hospitalisée pour dépression grave et victime de cyberharcèlement ». Les escrocs avaient mis en place une stratégie « d’isolation du monde extérieur » pour mieux la contrôler et l'empêcher de consulter ses proches.
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