Emmanuel Macron s'est engagé à revaloriser durement les pensions des retraités. Sa promesse compte deux volets : la réindexation sur l'inflation et l'augmentation du minimum contributif. Malheureusement, il y a un hic…
Minimum contributif : le loup derrière la promesse de MacronIstock
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Pas question de ne pas venir en aide aux retraités. Dans le cadre de sa nouvelle réforme des retraites - qui vise à progressivement reporter l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans et donc, mécaniquement, à maintenir le niveau de vie des retraités actuels au détriment de ceux de demain -, Emmanuel Macron prévoit plusieurs volets relatifs au montant de la pension des assurés. En tout et pour tout, comme a d’ores et déjà pu l’écrire Planet, le chef de l’Etat réélu aligne deux promesses concernant la rémunération des retraités actuels

La première est peut-être la plus discutée, en cela qu’elle est aussi la plus immédiate : il s’agit en effet de réindexer dès cet été les pensions de retraite sur l’inflation. Une opération coûteuse, qui permettra aux assurés de récupérer environ 4% de pouvoir d’achat, mais que l’exécutif assume comme une nécessité, a fait savoir Bruno Le Maire. Sur le plateau de France Info, au début du mois d’avril, il parlait d’une mesure “d'urgence et de justice”.

C’est sur l’autre promesse qu’il y a peut-être un problème, pointé du doigt par certains opposants au président. Explications.

Revalorisation des petites pensions : Emmanuel Macron pourra-t-il tenir sa promesse ?

Le deuxième engagement concerne les petites pensions des anciens travailleurs ayant suffisamment cotisé pour demander un taux plein. Il est ici question du fameux “minimum contributif”, qu’Emmanuel Macron a promis de ramener à 1 100 euros à l’occasion du débat avec Marine Le Pen… Quand bien même sa façon d’en parler s’est avérée étrange. Une noble intention, pourraient arguer les défenseurs du président ? Certes, répond le patron de La France Insoumise, mais une promesse en carton : la loi prévoit déjà une retraite minimale de la sorte.

D’après Jean-Luc Mélenchon, comme le rappelle Le Figaro, Emmanuel Macron promet ici une fausse avancée sociale. Et le leader de la gauche de rappeler que depuis près de 20 ans maintenant, aucune pension ne peut - théoriquement, à tout le moins - être inférieure à 85% du Smic. “C'est voté depuis 2003, et cela donne 1100 euros par mois”, a-t-il déclaré sur France Inter.

Dans les faits, Jean-Luc Mélenchon n’a pas tort, poursuit le quotidien national : en 2003, François Fillon (alors ministre des Affaires sociales de Jacques Chirac) établissait bel et bien ce principe dans la loi. “La Nation se fixe pour objectif d’assurer en 2008 à un salarié ayant travaillé à temps complet et disposant de la durée d’assurance nécessaire pour bénéficier du taux plein un montant total de pension lors de la liquidation au moins égale à 85% du salaire minimum de croissance net lorsqu’il a cotisé pendant cette durée sur la base du salaire minimum de croissance” peut-on d’ailleurs lire  dans l’article 4 de la loi de 2003.

Alors, Emmanuel Macron a-t-il signé un chèque en bois ? Pas nécessairement. Mais il y a peut-être un loup… Explications.

Revalorisation de la pension minimale : avez-vous vu le loup ?

En pratique, comme soutiennent les proches du président de la République, la loi de 2003 n’a pas été appliquée stricto sensu. Et, affirment d’ailleurs certains experts retraite interrogés par nos confrères, cela n’a rien de très étonnant ! “Il ne s'agissait pas d'une mesure votée, mais d'un objectif à atteindre, d'un horizon... Nuance !”, insiste ainsi l’un d’entre eux. 

Puisqu’il s’agit d’un “principe sans valeur nominative” et que la loi de 2003 ne s'embarrasse pas d’explications de financement, le projet qu’envisage Emmanuel Macron peut largement avoir du sens. En pratique, poursuit Le Figaro, le minimum contributif servi dans le privé (appelé MICO) demeure bien loin des 1 100 euros par mois espérés. Il tourne généralement autour de 636,56 euros, contre 1 170,82 euros pour le minimum garanti (MIGA) dont dispose pour sa part la fonction publique. 

Et pourtant, explique Notre-Temps sur son site, il reste un loup. Si nécessaire que puisse sembler la promesse d’Emmanuel Macron, elle pourrait relever de l’incantation plus que de l’assurance réelle. Du moins… Dans certains cas !

Retraite minimale : pourquoi Macron ne peut pas garantir 1 100 euros à tous les concernés ?

Rappelons d’abord que le minimum contributif ne s’applique pas à l’intégralité des Françaises et des Français. Il ne concerne que les salariés et les régimes alignés (qui regroupent notamment les commerçants et les artisans). 

Dans la pratique, il vient compléter le montant minimal de la retraite de base, pour le ramener à 713,11 euros par mois pour les anciens travailleurs capables de justifier d’au moins 120 trimestres de cotisation. Pour les autres, cette somme tombe à 652,20 euros. Il ne permet pas d’excéder un niveau de retraite total de 1 240,88 euros mensuels

Puisque tout dépend des pensions initialement perçues (du régime de base et du régime complémentaire), il n’est techniquement pas possible de garantir une retraite minimum de 1 100 euros à l’aide du minimum contributif, signale Notre-Temps. “Il n’est pas exclu que ce chiffre ne corresponde en réalité qu’à une moyenne comme l’est le chiffre de 980€ mis en avant”, écrivent simplement nos confrères. Et s’il s’agit bel et bien d’une moyenne, c’est que certains tomberont mécaniquement en dessous…

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