Rodéos urbains : "les mettre dans une école de cascadeurs", la proposition absurde de Ségolène Royal
Ségolène Royal revient sur le devant de la scène médiatique avec une proposition pour le moins inattendue concernant la sécurité publique. Invitée début janvier 2026 par le média en ligne Le Crayon et relayée par Le Figaro, l'ancienne candidate à la présidentielle a estimé que la réponse pénale actuelle face au fléau des rodéos motorisés était contre-productive. Plutôt que de saisir les véhicules, elle plaide pour une approche éducative visant à transformer ces infractions en débouchés professionnels.
Une formation professionnelle plutôt que la casse
Pour Ségolène Royal, la répression systématique ne règle pas le problème de fond. Elle déplore que l'État se contente de "prendre les deux-roues qui sont broyés", une méthode qui, selon elle, pousse ces jeunes vers d'autres formes de délinquance. "Que deviennent les gamins derrière ? Eh bien, ils font du trafic de drogue, du cambriolage", a-t-elle affirmé, soulignant l'échec de la stratégie actuelle.
Considérer la conduite dangereuse comme une compétence brute à exploiter est une idée à laquelle seule l'ancienne ministre de l'Ecologie pouvait penser. "Les gamins à qui on prend les deux roues, ils ont une passion. C'est déjà formidable d'avoir une passion !", s'est-elle enthousiasmée. Son idée ? Créer des internats scolaires encadrés par des "motards ou des gendarmes" pour offrir une remise à niveau scolaire tout en formant aux métiers de la mécanique ou du pilotage. Elle a notamment évoqué l'utilisation du circuit de Montlhéry pour cette formation, suggérant que ces infrastructures pourraient accueillir ces jeunes pilotes en devenir.
Un cadre légal actuel tourné vers la fermeté
Cette vision se heurte frontalement à la législation en vigueur, qui privilégie la sanction et la dissuasion matérielle. Depuis la loi d'août 2018 sur les sanctions des rodéos motorisés, la pratique est un délit passible d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende. Ce texte a été durci pour permettre aux forces de l'ordre d'agir plus efficacement contre ces nuisances qui exaspèrent les riverains.
L'arsenal législatif s'est même renforcé récemment concernant le sort des véhicules. En effet, la confiscation du deux-roues est devenue obligatoire si le conducteur en est le propriétaire. Pour accélérer les procédures et désengorger les fourrières, le délai de destruction des motos saisies a été réduit : un véhicule peut désormais être détruit après sept jours seulement s'il est considéré comme abandonné ou non réclamé dans les règles, conformément aux circulaires ministérielles récentes. L'objectif affiché par le ministère de l'Intérieur est clair : priver physiquement les auteurs de leur outil de nuisance.
De la délinquance au cinéma : un pari réaliste ?
L'idée de Ségolène Royal ne se limite pas à la mécanique. Elle imagine une véritable création d'école de cascadeurs pour jeunes délinquants, affirmant que le cinéma français manque de main-d'œuvre qualifiée dans ce domaine. "Vous les mettez dans une école de cascadeur pour le cinéma français. La France est obligée de faire venir des cascadeurs étrangers", a-t-elle assuré pour justifier la viabilité économique de son projet.
Si cette initiative se veut une alternative à la confiscation des deux-roues, elle soulève de nombreuses questions sur sa mise en œuvre. Le coût d'un tel internat, la responsabilité en cas d'accident lors des formations et la capacité réelle du marché du cinéma à absorber ces jeunes restent des inconnues. Dans la vidéo du Crayon, Ségolène Royal affirme que "la France ne serait pas dans l’état dans lequel nous sommes si [elle avait] été élue présidente de la République [...] J'en suis convaincue." Nous aussi...