Il filme un rodéo urbain à Bordeaux pour aider la police : son erreur lui coûte très cher

Publié par Stéphane Leduc
le 16/01/2026
Plan moyen centré sur la surface polie d'une grande table en bois brun foncé. Une main portant la ma
New Planet Media
Un jeune homme ayant filmé un rodéo urbain à Bordeaux-Lac avec un drone en février 2025 vient de se voir confisquer son appareil et sera jugé pour « mise en danger d'autrui ». Alors que la justice traque les organisateurs de "runs sauvages", l'affaire met en lumière la réglementation très stricte du survol de l'espace public. Découvrez pourquoi cette pratique, même à but documentaire, vous expose à des peines de prison et à la saisie de votre matériel.

Ce mardi 13 janvier 2026, l'affaire a connu son dénouement au commissariat central de Bordeaux, près d'un an après les faits. Le pilote amateur, âgé de 19 ans, pensait sans doute immortaliser une scène spectaculaire ou documenter une infraction en capturant les images d'un « run sauvage » organisé cours Jules-Ladoumègue, dans le secteur de Bordeaux-Lac. Il se retrouve aujourd'hui face à la justice, son matériel saisi, pour avoir ignoré les règles élémentaires de l'aviation civile en zone urbaine.

Cet épisode judiciaire rappelle brutalement que l'intention de dénoncer ou de témoigner ne dispense pas du respect de la loi. Si les rodéos urbains sont une cible prioritaire des autorités, l'utilisation sauvage de drones pour les filmer est tout aussi répréhensible aux yeux du Code pénal.

Une confiscation décidée un an après les faits

Le jeune homme a été reconvoqué par les services de police pour répondre de ses actes commis en février 2025. À l'époque, il avait fait voler son engin à très basse altitude au-dessus d'une foule venue assister aux courses illégales. Cette manœuvre, destinée à capter des plans rapprochés des bolides et des spectateurs, a été qualifiée par le Parquet de « mise en danger d'autrui » et de « circulation d'un aéronef par télépilote au-dessus d'une zone interdite », rapporte Sud Ouest.

La sanction est tombée sans attendre un procès classique : le magistrat a opté pour une composition pénale pour ce drone à Bordeaux, une procédure alternative qui permet de juger rapidement l'auteur des faits s'il reconnaît sa culpabilité. La décision inclut la confiscation immédiate et définitive de l'appareil au profit de la police nationale. Ce cas de drone confisqué après un rodéo urbain illustre la volonté du Parquet de ne rien laisser passer, ni du côté des chauffards, ni du côté des spectateurs actifs.

Filmer en agglomération : un interdit quasi absolu

Beaucoup de possesseurs de drones l'ignorent, mais la réglementation française est formelle : le vol en agglomération est strictement interdit pour les loisirs, même dans les zones périphériques comme Bordeaux-Lac. Cette interdiction vise à protéger les populations contre les chutes d'appareils ou les pertes de contrôle. Dans le cas présent, le danger était décuplé par la présence de centaines de personnes massées sur les trottoirs.

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Le non-respect de cette réglementation sur le survol de drone en ville expose le télépilote à des conséquences judiciaires lourdes. En effet, la peine pour mise en danger d'autrui par drone peut théoriquement atteindre 1 an d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende, conformément aux dispositions du Code des transports et du Code pénal citées par le Ministère de la Justice. Si l'appareil est utilisé pour commettre cette infraction, sa saisie est quasi systématique.

La dénonciation ne protège pas du Code pénal

Il existe un paradoxe que tout citoyen doit comprendre : filmer un délit avec un drone a des conséquences si la méthode de captation est elle-même illégale. Le fait de vouloir apporter la preuve d'un rodéo ne constitue pas une excuse légale pour violer l'espace aérien ou mettre en danger des tiers. Les enquêteurs du Service local de police judiciaire (SLPJ) traitent distinctement les deux infractions : d'un côté les sanctions liées aux rodéos urbains à Bordeaux-Lac (avec confiscation des véhicules), de l'autre le délit de survol en zone interdite par drone.

Seules les forces de l'ordre bénéficient de dérogations spécifiques. La préfecture de la Gironde a d'ailleurs récemment prolongé l'arrêté autorisant la police à utiliser des drones pour surveiller ces rassemblements. Pour le particulier, la règle d'or reste la prudence : ne jamais faire décoller son appareil au-dessus d'un rassemblement de personnes, sous peine de voir son outil de loisir finir dans les scellés du commissariat.

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