Ségolène Royal : son récit glaçant de l’« enlèvement » qu’elle n’a jamais oublié
On la croit connue dans les moindres détails. Ségolène Royal, figure politique incontournable, ancienne ministre, ex-candidate à l’élection présidentielle… Depuis des années, elle fait partie de ces personnalités dont la vie semble exposée en permanence.
Et pourtant, l’ancienne compagne de François Hollande vient de dévoiler une part d’elle-même que peu de gens imaginaient. À l’occasion de la sortie de son livre Mais qui va garder les enfants ?, elle revient sur une blessure intime qui remonte à l’enfance. Une histoire qui n’a rien d’anecdotique : un épisode qu’elle décrit comme un véritable arrachement, et qui a laissé une trace durable.
Dans une interview accordée à Gala publié le 11 janvier 2026, Ségolène Royal raconte ce moment où, très jeune, elle a été séparée de son foyer. Elle n’en parle pas comme d’un simple “placement” ou d’une décision éducative un peu rude. Les mots qu’elle emploie sont beaucoup plus forts, presque choquants tant ils sont inhabituels dans ce type de récit.
Elle dit avoir été “enlevée” à sa famille. Une formulation qui glace, et qui montre à quel point cette période reste vive dans sa mémoire, même des décennies plus tard.
Une séparation brutale qui a marqué sa vie
Selon ses confidences, tout se serait joué alors qu’elle était encore au collège, en classe de sixième. Sans qu’elle puisse discuter, comprendre, ou même se préparer, elle aurait été envoyée vivre loin de chez elle, chez ses grands-parents.
Pour la future femme politique, c’est moins la destination qui compte que la brutalité du geste : l’impression d’être déplacée comme on déplace un objet, sans tenir compte des émotions, de l’attachement à ses frères et sœurs, ni de la place qu’elle occupait dans la famille. Un départ qui, au lieu d’être un simple changement de vie, s’est transformé en souvenir douloureux, comme une coupure nette.
Derrière cette histoire, il y a aussi l’ombre d’un père décrit comme extrêmement autoritaire. Ségolène Royal évoque un cadre familial marqué par une discipline stricte, une forme d’obéissance imposée, et un rapport de force où l’enfant n’a pas vraiment son mot à dire.
Ce qui rend son témoignage encore plus fort, c’est qu’elle ne cherche pas à “faire du bruit” : elle raconte plutôt un sentiment d’impuissance, celui d’une petite fille qui comprend trop tôt qu’elle ne contrôle rien. Et que, parfois, une décision parentale peut ressembler à une sanction sans explication, et se vivre comme une humiliation.
Avec le recul, Ségolène Royal explique que cette épreuve a participé à forger son caractère. Pas en effaçant la douleur, elle est toujours là , mais en transformant cette blessure en énergie.
Elle raconte en creux la naissance d’un tempérament : celui d’une femme qui ne veut plus subir, qui refuse la domination, qui déteste l’idée même d’être enfermée dans un rôle.
Ce récit, intime et inattendu, éclaire autrement son parcours et sa manière d’affronter la vie publique. Et il rappelle surtout une chose : derrière les grandes figures politiques, il y a parfois des histoires personnelles bien plus fragiles qu’on ne le croit.