Marc Bloch, historien et résistant juif, fera son entrée au Panthéon
Cette annonce officialise l'hommage de la Nation à une figure majeure de la Résistance et de l'histoire française. Fusillé par la Gestapo en 1944, l'intellectuel rejoindra les grands hommes de la République quatre-vingts ans après la Libération, clôturant un cycle mémoriel dense.
Une cérémonie officielle fixée au 23 juin 2026
L'entourage d'Emmanuel Macron a mis fin à l'attente en dévoilant le calendrier précis de l'événement. Marc Bloch entrera au Panthéon 82 ans après son exécution. Le chef de l'État avait déjà acté le principe de cet hommage en novembre 2024, à l'occasion des commémorations des 80 ans de la libération de Strasbourg. Il justifiait alors ce choix présidentiel par « son œuvre, son enseignement et son courage », soulignant la dimension exceptionnelle de son parcours.
Initialement, la cérémonie devait symboliquement se tenir le 16 juin, jour anniversaire de sa mort. Toutefois, des impératifs diplomatiques ont contraint l'exécutif à revoir l'agenda. La tenue du sommet du G7 à Évian-les-Bains, programmé du 15 au 17 juin, mobilise les services de l'État et rend l'organisation logistique complexe à cette période. C'est donc ce télescopage avec l'actualité internationale qui a entraîné le report de l'hommage de quelques jours.
Un parcours entre excellence universitaire et combat armé
Avant de devenir un martyr de la Résistance, Marc Bloch fut un pionnier intellectuel incontournable. Professeur d'histoire du Moyen Âge à l'université de Strasbourg entre 1919 et 1936, il a profondément transformé sa discipline. En cofondant l'École des Annales, il a renouvelé le champ de la recherche historique en l'ouvrant à la sociologie, à la géographie, à la psychologie et à l'économie.
Mais cet universitaire était aussi un patriote et un soldat. Issu d'une famille juive alsacienne, capitaine décoré de la Croix de guerre lors du conflit de 1914-1918, il n'a pas hésité à reprendre l'uniforme lors de la mobilisation de 1939, malgré son âge et son statut. Son engagement s'est ensuite poursuivi dans la clandestinité au tournant des années 1942 et 1943.
Son destin bascule tragiquement lorsqu'il est arrêté à Lyon le 8 mars 1944. Emprisonné à la prison de Montluc, il y subit la torture sans livrer ses camarades. Le 16 juin 1944, la Gestapo le fusille aux côtés de 29 autres résistants. Il laisse à la postérité L'Étrange Défaite, un ouvrage majeur écrit à chaud en 1940, qui analyse les causes profondes de l'effondrement français.
Un symbole républicain sous haute vigilance politique
Emmanuel Macron voit en Marc Bloch l'incarnation d'une « volonté française jusqu’à son dernier souffle, jusqu’à l’assassinat par la Gestapo ». Le Président de la République a salué à plusieurs reprises sa « lucidité cinglante qui nous frappe aujourd’hui encore » ainsi que « l'audace des mots et des idées qui se doubla du courage physique ». Cette panthéonisation vise à honorer le rôle des intellectuels dans la Résistance et à sanctuariser la mémoire des martyrs de la Seconde Guerre mondiale.
Cependant, l'organisation de cet hommage national soulève déjà des questions politiques sensibles concernant la liste des invités. La famille de l'historien a exprimé une position ferme sur le sujet. Dans une lettre consultée par l'AFP, ses descendants demandent explicitement que « l’extrême droite, dans toutes ses formes, soit exclue de toute participation à la cérémonie ».
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