Brigitte Macron à New Delhi : son retour surprise dans une salle de classe

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 19/02/2026
macron brigitte en inde
abacapress
Lors de son récent déplacement diplomatique en Inde, Brigitte Macron a marqué les esprits par une visite très personnelle au Lycée français international de New Delhi, renouant avec sa vocation d'enseignante pour alerter sur les périls du numérique.

Alors que le couple présidentiel effectuait une visite d'État stratégique en Inde fin janvier, l'agenda de Brigitte Macron s'est momentanément détaché des fastes du protocole pour une séquence plus intime. Loin des tapis rouges et des dîners officiels, l'épouse du chef de l'État s'est rendue au Lycée français international de New Delhi (LFID). Ce n'était pas une simple visite de courtoisie, mais une véritable immersion au cœur des préoccupations de la génération Z, marquée par des échanges directs sur les dérives des réseaux sociaux et l'irruption de l'intelligence artificielle dans le quotidien scolaire.

Un retour aux sources pédagogiques

L'image a rapidement circulé et témoigne d'une posture que l'Élysée connaît bien : celle de la professeure qui ne quitte jamais vraiment l'habit de Première dame. Stylo à la main, assise au milieu des élèves de terminale, Brigitte Macron a semblé oublier un instant sa fonction officielle pour retrouver l'atmosphère d'une salle de classe. Cette séquence illustre sa passion intacte pour la transmission. Selon un échange informel rapporté avec les enseignants du LFID en janvier 2024, elle a glissé cette confidence révélatrice : « Quand je suis avec des élèves, je ne suis plus à l'Élysée, je suis là où est ma place, dans une salle de classe ». Pour l'ancienne professeure de lettres, maintenir ce lien direct est indispensable pour comprendre les nouveaux codes d'une jeunesse en perpétuelle mutation. Elle a d'ailleurs surpris l'assemblée en corrigeant avec humour et bienveillance une faute de syntaxe formulée par un élève, rappelant avec malice que « la professeure de lettres n'est jamais très loin ».

Une mise en garde contre la violence numérique

Ce moment d'échange a surtout permis à Brigitte Macron d'aborder son cheval de bataille : la lutte contre le harcèlement scolaire et les dangers de l'hyper-connexion. Face à des adolescents captivés, elle a dressé un constat sans concession sur l'impact des écrans sur la santé mentale. Elle a insisté sur la porosité dangereuse entre la vie scolaire et la vie privée à l'ère du numérique. « Le téléphone portable, c’est souvent le début du harcèlement. Ce qui se passe sur les réseaux ne s'arrête jamais à la grille du lycée, cela vous poursuit jusque dans votre chambre », a-t-elle martelé lors de sa conférence devant les élèves. Paradoxalement, bien qu'elle prône la déconnexion, elle s'est prêtée au jeu des selfies avec une myriade d'élèves à la fin de la séance, prouvant qu'elle maîtrise les codes de l'image tout en appelant à la modération. Son message principal reste l'urgence de « briser le silence » et la solidarité nécessaire entre camarades.

L'intelligence artificielle au tableau

La Première dame ne s'est pas contentée d'évoquer les réseaux sociaux ; elle a également interrogé les lycéens sur leur usage des nouveaux outils technologiques, notamment ChatGPT. Sa curiosité pour l'intelligence artificielle s'accompagne d'une vigilance accrue concernant la paresse intellectuelle. Elle a tenu à recadrer l'usage de ces technologies, invitant les élèves à ne pas abandonner leur propre jugement. « L'intelligence artificielle est un outil formidable, mais elle ne doit pas penser à votre place. Votre esprit critique est votre seule protection contre la désinformation », a-t-elle déclaré lors de son allocution. Elle a profité de cette tribune pour apporter un soutien appuyé au corps enseignant, en première ligne face à cette révolution qui bouscule les méthodes d'apprentissage traditionnelles.

Vous avez aimé cet article ?

Le "soft power" éducatif à la française

Ce déplacement à New Delhi confirme que les thématiques de l'éducation et de la protection de l'enfance sont devenues les piliers de la diplomatie personnelle de Brigitte Macron. Ses combats constituent une forme de "soft power" qui s'exporte au-delà des frontières hexagonales. Très impliquée dans les politiques publiques en France, notamment via la loi sur la majorité numérique, elle semble vouloir étendre son influence. Pour preuve, elle note scrupuleusement les remarques des jeunes dans un petit carnet manuscrit qu'elle garde toujours sur elle, refusant la prise de notes sur tablette pour « garder le contact avec le papier et la réflexion ». Alors que le quinquennat se poursuit, Brigitte Macron se positionne de plus en plus comme une figure de proue internationale pour la sécurité des mineurs dans l'espace numérique, soulignant, comme elle l'a fait en Inde, que les défis de Paris sont identiques à ceux de New Delhi.

Google News Voir les commentaires