Les locataires pourraient bientôt amenés à payer une partie de la taxe foncière ?

Publié par Suruthi Srikumar
le 31/10/2025
Les locataires pourraient bientôt amenés à payer une partie de la taxe foncière ?
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Des députés de La France insoumise ont déposé un amendement au budget 2026 pour rendre la taxe foncière progressive, en la calculant selon le patrimoine total des contribuables.

Les députés de La France insoumise (LFI) ont déposé un amendement visant à transformer la taxe foncière en un impôt local "fondé sur la solidarité et la justice fiscale". Selon RMC, le texte prévoit une majoration progressive en fonction du patrimoine net des ménages, à partir d’un seuil de 800 000 euros, soit le même que pour l’ancienne première tranche de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF).

L'objectif affiché est de faire contribuer davantage les propriétaires les plus aisés tout en allégeant la charge pour les ménages modestes. Les Insoumis dénoncent en effet des "valeurs locatives cadastrales archaïques", inchangées depuis 1970, qui "engendrent des inégalités territoriales et sociales".

Mais du côté des propriétaires, le ton est tout autre. Sylvain Grataloup, président de l’Union nationale des propriétaires (UNPI), s’insurge : "Il est inacceptable qu’il n’y ait qu’une partie de la population, et toujours la même, les propriétaires, qui soient considérés comme des nantis", déclare-t-il sur RMC. Selon lui, "la taxe foncière n’a plus de sens dans sa forme actuelle" et doit être remplacée par "une contribution locale de tous les usagers, qu’ils soient propriétaires ou locataires".

Vers une participation des locataires ?

L’idée de faire participer les locataires au paiement de la taxe foncière n’est pas nouvelle, mais elle trouve un écho particulier dans le contexte actuel du Budget 2026. D’après les données publiées par l’UNPI le 15 octobre, la taxe foncière a augmenté de 37 % en dix ans, une envolée "4,3 fois supérieure à celle des loyers", rapporte Capital.

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Pour les propriétaires bailleurs, cette charge devient insoutenable. L’UNPI plaide donc pour qu’une partie de la taxe foncière puisse être "récupérable" sur les locataires, à l’image de ce qui existe pour les baux commerciaux. "Le locataire bénéficie des services publics et des équipements collectifs financés par la collectivité", souligne Grataloup, qui évoque un "traitement fiscal injuste" pour les bailleurs.

Cette revendication pourrait passer par une réforme du décret du 26 août 1987 relatif aux charges récupérables, afin d’y inclure la taxe foncière ou une partie de celle-ci. 

Une "taxe de l’usager" à la place de la taxe foncière ?

Face aux résistances, l’UNPI propose une refonte plus large de la fiscalité locale. Sylvain Grataloup appelle à la création d’une "taxe de l’usager" qui serait payée par tous les habitants d’une commune, propriétaires comme locataires. Cette contribution serait modulée selon les ressources et la "contribution sociale" de chacun, par exemple la performance énergétique du logement.

En attendant une éventuelle réforme, les propriétaires devront s’acquitter, une fois encore, de la taxe foncière d’ici la mi-octobre. Une taxe dont la hausse, de 1,7 % en moyenne en 2025, paraît modérée, mais que l’UNPI juge "purement électorale". 

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