Violences sexuelles à l'école : un animateur mis en examen, la sécurité du périscolaire en question

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 08/02/2026
ecole primaire
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Ce vendredi, la mise en examen d’un animateur pour agressions sexuelles dans une école du XIe arrondissement de Paris relance l’urgence de sécuriser le recrutement dans le périscolaire.

L'affaire secoue le XIe arrondissement de la capitale et inquiète bien au-delà. Alors que de nombreux parents confient quotidiennement leurs enfants aux services périscolaires, cette nouvelle procédure judiciaire pointe les fragilités persistantes des dispositifs de recrutement. Entre suspensions en cascade et réformes attendues, la Mairie de Paris tente de rassurer face à une série noire qui ébranle la confiance des familles.

Un jeune animateur mis en examen

Les faits sont graves et visent un public particulièrement vulnérable. Un animateur né en 2003 a été mis en examen ce vendredi 6 février 2026, a confirmé le parquet de Paris. La justice lui reproche des faits d'agressions sexuelles sur mineur, d'exhibition sexuelle et de corruption de mineur. Ces actes se seraient déroulés au sein de l'école maternelle Bullourde, dans le XIe arrondissement, au cours de l'année scolaire 2024-2025. Les victimes présumées sont de très jeunes enfants, âgés de seulement 3 ou 4 ans au moment des faits.

Face à la gravité des accusations, le suspect a été placé sous un contrôle judiciaire strict. Il lui est désormais interdit d'exercer toute activité impliquant un contact habituel avec des mineurs. Cette mesure s'accompagne d'une interdiction formelle de paraître aux abords de l'école Bullourde et d'entrer en contact avec les victimes, selon les informations judiciaires rapportées.

Une série noire dans le périscolaire parisien

Ce dossier ne constitue malheureusement pas un cas isolé. L'homme mis en examen ferait partie d'un groupe de trois animateurs déjà suspendus dans ce même établissement en octobre 2025 pour des soupçons de "faits à caractère sexuel". Ce nouvel événement s'inscrit dans un contexte de recrudescence des signalements dans la capitale. Selon les données disponibles, 15 enquêtes pour agressions sexuelles ont été ouvertes en 2025 dans les seules écoles maternelles parisiennes, visant quasi exclusivement du personnel périscolaire.

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Les chiffres communiqués par la Mairie de Paris et relayés par la Banque des Territoires attestent de l'ampleur du phénomène : 19 animateurs ont été suspendus en 2025 pour des faits à caractère sexuel, portant le total à plus de 50 suspensions sur les trois dernières années.

L’absence de contrôle automatique du casier judiciaire

L'affaire met en exergue une faille majeure du système de recrutement. Contrairement aux professeurs et aux professionnels de la petite enfance dont les antécédents sont scrutés par l'État, le secteur périscolaire (cantine, garderie, centres de loisirs) ne bénéficie pas d'un contrôle national automatisé du bulletin n°2 du casier judiciaire (B2). Cette vérification repose encore sur les communes et les directeurs d'établissement.

Cette absence de systématisation est identifiée par les observateurs comme un "angle mort" dangereux. La difficulté est accentuée par la précarité du secteur et les tensions de recrutement, qui peuvent parfois limiter la vigilance des employeurs lors de l'embauche des vacataires.

Le plan d’action de la Mairie de Paris

Face à l'urgence, la Ville de Paris a voté fin 2025 un plan d'action inédit visant à "accompagner la libération de la parole des enfants, mieux repérer et agir rapidement". Parmi les mesures en cours de déploiement figurent la généralisation du port du badge pour les agents afin de garantir leur identification immédiate, ainsi que le renforcement des procédures de formation.

La municipalité s'engage également à se porter partie civile et à déposer plainte systématiquement pour soutenir les familles. Parallèlement, le gouvernement envisage une réforme pour durcir les contrôles légaux, notamment pour les animateurs vacataires, bien que la vérification du B2 soit déjà obligatoire pour l'obtention du BAFA.

L'appel à la vigilance des parents

Dans ce climat tendu, les associations de parents d'élèves comme la FCPE appellent à briser l'omerta. La Mairie de Paris rappelle que "parler est un acte de courage". Il est recommandé aux parents de rester attentifs au moindre changement de comportement de leur enfant et d'informer immédiatement les autorités en cas de doute, pour que l'école puisse redevenir un refuge sûr.

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