Melania Trump : le documentaire à 75 millions de dollars qui embarrasse Jeff Bezos

Publié par Olivier Royer
le 30/01/2026
Melania Trump
abacapress
Le documentaire Melania, retraçant les 20 jours avant l'arrivée de Melania Trump à la Maison Blanche en 2025, sort en salles aux États-Unis après une avant-première très médiatisée.

Derrière le faste d'un budget estimé à 75 millions de dollars, une double polémique éclabousse Amazon et son patron Jeff Bezos, accusé de vouloir s'attirer les faveurs politiques de Donald Trump.

L'avant-première au Trump-Kennedy Center a donné le ton du documentaire Melania : luxe, politique et déclarations tapageuses. Alors que le film d'un peu moins de deux heures promet une immersion inédite dans les « 20 jours » précédant l'arrivée de Melania Trump à la Maison Blanche en 2025, les coulisses de sa production sont déjà devenues un enjeu politique majeur. Entre un budget pharaonique et le choix d'un réalisateur controversé, le pari d'Amazon est loin de faire l'unanimité.

Un "pot-de-vin" déguisé selon Jimmy Kimmel

C'est l'aspect financier de l'opération qui suscite le plus de remous. Amazon a déboursé un montant total de 75 millions de dollars : 40 millions de dollars pour l'acquisition du film, auxquels s'ajoutent 35 millions de dollars pour la promotion et le marketing. La Première dame a d'ailleurs confirmé avoir elle-même « fait monter les enchères pour les droits de son film », une manœuvre illustrant parfaitement « l'art du deal » cher à la famille Trump.

Mais cette transaction passe mal. L'animateur de talk-show américain Jimmy Kimmel n'a pas hésité à dénoncer ce qu'il qualifie de « pot-de-vin à 75 millions de dollars ». L'enjeu dépasse le simple divertissement : Jeff Bezos, patron d'Amazon, est « accusé de vouloir s'acheter les faveurs de la Maison Blanche ». Un soupçon renforcé par un symbole fort : le fondateur du groupe a bénéficié d'un siège au premier rang lors de la cérémonie d'investiture du président, le 20 janvier 2025 au Capitole. Cette polémique autour du documentaire Melania et Amazon jette une ombre sur les intentions réelles du milliardaire.

Une vie de château et une influence retrouvée

Sur l'écran, le film propose une plongée dans le quotidien doré de l'épouse du président. Les caméras suivent la Première dame dans « des jets privés à Mar-a-Lago et dans des hôtels de luxe ». L'ancienne mannequin a promis aux spectateurs qu'ils « vont voir ma vie en 20 jours, ce dont je dois m'occuper et je pense que ça leur plaira », a-t-elle confié aux journalistes jeudi soir.

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Donald Trump lui-même a apporté son soutien, jugeant que le film « était très bon, glamour, très glamour ». Il en a profité pour confirmer le rôle politique de son épouse : « Elle est très influente, quelqu'un sur qui je peux compter ». L'avant-première ressemblait d'ailleurs à une démonstration de force politique, avec la présence du ministre de la Défense Pete Hegseth, de l'émissaire diplomatique Steve Witkoff, du ministre de la Santé Robert Kennedy Jr ou encore du président républicain de la Chambre des représentants Mike Johnson.

L'ombre de #MeToo et la menace du flop

Le malaise ne s'arrête pas aux questions d'argent. Le choix du réalisateur Brett Ratner, connu pour les blockbusters Rush Hour et X-Men l'affrontement final, est très controversé. Il avait été « accusé en 2017 de violences sexuelles par plusieurs femmes - dont des actrices -, en plein mouvement #MeToo ». Ces accusations de violences sexuelles contre le réalisateur Brett Ratner pourraient détourner une partie du public.

Les signaux d'alerte sur un flop commercial potentiel clignotent déjà. Les projections estiment que le film ne rapporterait que « cinq millions de dollars pour son week-end d'ouverture ». À l'international, le désastre guette : selon certaines sources, « une seule place était vendue » pour la première sur Broadway, à Londres, jeudi soir. En Afrique du Sud, le distributeur a même annoncé le retrait du film en invoquant « le climat actuel », sur fond de tensions diplomatiques. Face à ces chiffres de vente du documentaire Melania dans le monde jugés décevants, Donald Trump a tenté de sauver les meubles sur les réseaux sociaux : « Courez le voir, les places partent vite ».

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