Malaisie : après 909 jours d'enfer, le Français Tom Félix acquitté et libre
Détenu depuis 909 jours et risquant la peine capitale, cet ancien cadre de Veolia retrouve enfin la liberté. La justice malaisienne a reconnu l'absence de preuves formelles contre le trentenaire, mettant fin à un calvaire carcéral et judiciaire qui a fortement mobilisé la diplomatie française.
Une décision historique met fin à la détention
Le verdict est tombé ce 3 février 2026, marquant l'épilogue d'une longue attente. La juge Evawani Farisyta Mohammad, siégeant à la Haute cour criminelle d'Alor Setar, a prononcé l'acquittement de Tom Félix en ordonnant sa libération immédiate. Selon les informations rapportées par La Croix, la magistrate a fondé sa décision sur un argument implacable : l'accusation « n'a pas réussi à établir la preuve de la culpabilité ».
Cet acquittement de Tom Félix en Malaisie clôt un dossier ouvert le 9 août 2023, date de son arrestation sur l'île de Langkawi. Les conséquences de l'acquittement après 909 jours de prison sont immédiates pour le jeune homme, qui a vécu plus de deux ans de détention préventive. Son avocat, comme le souligne Libération, n'a cessé de dénoncer l'interminable délai avant ce jugement, une période durant laquelle son client a vécu dans l'incertitude la plus totale.
Un dossier vide face à une législation implacable
L'affaire souligne la sévérité extrême de la loi sur le trafic de drogue en Malaisie. Tom Félix encourait la peine de mort, ou à défaut, une peine cumulée vertigineuse de « 104 années de détention, 54 coups de bâton et une amende de 27 000 euros », précise TV5 Monde.
Les autorités avaient découvert des « centaines de grammes de cannabis » dans les parties communes d'une habitation qu'il partageait avec un associé local, alors qu'il s'apprêtait à ouvrir un restaurant.
La défense a toujours clamé l'innocence de l'ancien cadre de Veolia, diplômé en aquaculture. Un élément du dossier s'est avéré déterminant : l'associé malaisien aurait lui-même « disculpé » le Français durant l'enquête, selon les sources citées par l'AFP.
Au-delà des faits, ce sont les conditions de détention des Français à l'étranger qui ont été mises en lumière par ce drame. Me François Zimeray, spécialiste des droits de l'Homme, a décrit le quotidien de son client comme un véritable enfer : « chaque jour dans cette prison grouillante, où il n'est pas question d'intimité, est un enfer ».
Soulagement diplomatique et retour imminent
L'annonce de la libération a provoqué une onde de soulagement immédiate à Paris. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a exprimé son « immense soulagement », indique Upday. Cette issue heureuse couronne les efforts inlassables de ses parents, Sylvie et Jean-Luc Félix, qui ont remué ciel et terre pour maintenir la pression médiatique et politique autour du sort de leur fils.
Concernant la date de retour en France de Tom Félix, les autorités se montrent rassurantes. Le ministre a confirmé que le trentenaire « allait pouvoir rentrer en France » très rapidement. Ce dénouement illustre le rôle du Quai d'Orsay dans l'affaire Tom Félix, rappelant l'importance de l'assistance consulaire pour les ressortissants confrontés à des systèmes judiciaires étrangers, particulièrement dans les pays maintenant la peine capitale.