Acquitté en Malaisie, Tom Félix révèle l’enfer de sa détention
Acquitté en Malaisie, Tom Félix dénonce des abus physiques et sexuels en détention
Arrêté en août 2023 sur l’île de Langkawi, Tom Félix, 34 ans, encourait l’une des législations antidrogue les plus sévères au monde. Son retour en France, jeudi 5 février, marque l’épilogue d’une procédure judiciaire longue et éprouvante, ponctuée par la menace d’une condamnation à perpétuité, et, selon ses déclarations, par des violences subies en prison.
Un acquittement prononcé par la justice malaisienne
La décision est tombée mardi 3 février 2026. La Haute Cour criminelle d’Alor Setar a prononcé l’acquittement du ressortissant français pour l’ensemble des huit chefs d’accusation liés au trafic de stupéfiants. La juridiction a estimé que l’accusation n’était pas parvenue à établir sa culpabilité au-delà du doute raisonnable.
Libéré immédiatement après le verdict, Tom Félix a regagné la France dans la foulée, atterrissant à Roissy-Charles-de-Gaulle deux jours plus tard.
« La Malaisie m’a volé 909 jours de ma vie »
À son arrivée sur le sol français, l’homme est apparu amaigri et visiblement éprouvé. Face aux journalistes, il a résumé son calvaire en une phrase : « La Malaisie m’a volé 909 jours de ma vie. »
Un soulagement partagé par ses proches, mais aussi par les autorités françaises : Emmanuel Macron et le ministère des Affaires étrangères ont salué l’issue favorable de ce dossier sensible.
Des accusations contestées dès l’origine
Le 9 août 2023, Tom Félix est interpellé à Langkawi, où il s’apprêtait à ouvrir un restaurant. Les forces de l’ordre découvrent plusieurs centaines de grammes de cannabis , jusqu’à 1,86 kg selon certaines sources , dans les parties communes de la colocation qu’il occupe.
Depuis son arrestation, il a toujours nié être le propriétaire de ces stupéfiants, affirmant avoir servi de bouc émissaire.
Une législation antidrogue parmi les plus sévères au monde
En Malaisie, le trafic de drogue est passible de la peine de mort, même si une réforme récente permet désormais aux juges d’y substituer des peines de prison extrêmement lourdes.
Dans le cas de Tom Félix, le cumul théorique des peines pouvait atteindre plus de cent ans de détention, assortis de châtiments corporels.
Abus physiques et sexuels en détention
Mais au-delà de l’enjeu judiciaire, l’ancien détenu dénonce aujourd’hui des violences subies derrière les barreaux. Dans un entretien accordé au Figaro, il affirme avoir été « abusé physiquement et sexuellement » durant son incarcération, évoquant un climat carcéral marqué par l’arbitraire, l’humiliation et l’absence de protection des détenus étrangers.
Son avocat, Me François Zimeray, avait déjà décrit des conditions de détention « extrêmement éprouvantes », évoquant une prison surpeuplée, insalubre, sans intimité, qualifiée d’« enfer carcéral ».
Un long chemin vers la reconstruction
Si la justice a tranché en sa faveur, les séquelles demeurent. Tom Félix devra désormais entamer un processus de reconstruction psychologique et sociale, après près de trois années d’enfermement et un traumatisme qu’il décrit comme profond et durable.
Une affaire emblématique pour les voyageurs
Ce dossier rappelle avec force la rigueur extrême des lois antidrogue en Asie du Sud-Est et les risques encourus, y compris pour des ressortissants étrangers. Les autorités françaises recommandent de se renseigner scrupuleusement avant tout déplacement dans la région, où la simple détention de stupéfiants peut faire basculer une vie.
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