Kobili Traoré, déclaré irresponsable dans le meurtre de Sarah Halimi, soupçonné dans une nouvelle affaire de séquestration
Neuf ans après le meurtre de Sarah Halimi, Kobili Traoré est de nouveau au cœur d'une affaire criminelle suite à une permission de sortie. Interpellé ce vendredi 27 février 2026, l'homme se trouve soupçonné de séquestration et de vol avec arme.
Une interpellation choc et de nouvelles poursuites
Le vendredi 27 février 2026, Kobili Traoré a temporairement quitté l'Unité pour malades difficiles (UMD) de Villejuif. Selon Le Parisien, les forces de l'ordre l'ont extrait de cet établissement psychiatrique ultra-sécurisé pour le présenter devant un juge d'instruction parisien. Les accusations s'avèrent particulièrement lourdes pour le suspect. Il est soupçonné d'avoir organisé une séquestration doublée d'un vol avec arme dans le 16e arrondissement de Paris, des faits d'une grande violence survenus le 11 février dernier, rapporte 20 Minutes. "La victime a indiqué avoir « été agressée » chez elle alors qu’elle avait une visite : à « la suite de son visiteur, deux autres hommes » ont « pénétré dans son appartement, le visage dissimulé », et l’ont « aspergée de gaz lacrymogène et violentée, avant de fouiller l’habitation ». Des bijoux, sacs de valeur, téléphone, et la clé d’un box lui ont été dérobés. Les agresseurs présumés ont attaché la victime sur une chaise avant de quitter les lieux", rapporte le quotidien.
Cette interpellation survient dans un contexte administratif précis. Depuis l'été 2025, le patient bénéficiait de permissions de sortie dites "à visée de réinsertion", accordées conjointement par les autorités médicales et préfectorales, souligne Le Parisien. Ce dispositif médical visait à évaluer sa capacité à réintégrer progressivement la société, malgré un lourd passé criminel.
De l'affaire Sarah Halimi au régime strict des permissions
Ce nouveau dossier renvoie directement à une précédente affaire très médiatisée. En 2017, Kobili Traoré avait tué sa voisine, Sarah Halimi, en la défenestrant. Le 14 avril 2021, la Cour de cassation confirmait définitivement son irresponsabilité pénale en raison d'une "bouffée délirante aiguë" liée à une très forte consommation de cannabis, rappelle 20 Minutes.
Déclaré irresponsable selon les termes de l'article 122-1 du Code pénal, il subissait depuis une hospitalisation d'office assortie d'une surveillance resserrée. Le placement en UMD garantit en théorie une protection maximale pour le public. Les permissions de sortie nécessitent un avis favorable d'une commission composée de psychiatres et la signature du préfet de département. Son passage à l'acte lors d'une sortie autorisée remet fortement en cause l'évaluation de sa dangerosité psychiatrique par le corps médical, observe Le Figaro.
Une onde de choc politique et sécuritaire
L'annonce de cette nouvelle affaire suscite une immense colère au sein de la classe politique. Plusieurs responsables de droite et d'extrême droite pointent les défaillances de l'État. "Le laxisme de notre système psychiatrique et judiciaire a permis à un bourreau de frapper à nouveau", dénonce Éric Ciotti dans les colonnes du Figaro.
Du côté des parties civiles, Me Oudy Bloch, l'avocat des enfants de Sarah Halimi, fustige cette situation auprès du Parisien : "C'est la chronique d'un drame annoncé. On nous expliquait qu'il était soigné, la preuve est faite que sa dangerosité reste entière".
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