"Je suis morte le 3 janvier" : le combat de la mère de Trystan, 17 ans, décédé dans l'incendie de Crans-Montana

Publié par Suruthi Srikumar
le 16/01/2026
"Je suis morte le 3 janvier" : le combat de la mère de Trystan, 17 ans, décédé dans l'incendie de Crans-Montana
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Deux semaines après le terrible drame survenu à Crans-Montana, la famille de Trystan Pidoux, victime de l’incendie du bar Le Constellation, témoigne.

Deux semaines après le terrible incendie qui a ravagé le bar Le Constellation, la douleur des familles laisse place à une incompréhension totale. Vincianne Stucky, dont le fils Trystan, âgé de 17 ans, a péri dans les flammes, a brisé le silence dans une interview accordée à BFMTV. 

Le propriétaire de l'établissement, Jacques Moretti, a été mis en examen et placé en détention provisoire. Cependant, une décision de justice pourrait permettre sa sortie de prison moyennant une caution financière, un scénario insupportable pour les proches des disparus qui réclament des réponses et, surtout, une condamnation exemplaire.

"C'est presque une provocation"

Le tribunal des mesures de contrainte du canton du Valais a certes ordonné le placement en détention provisoire de Jacques Moretti, propriétaire du bar, pour une durée de trois mois, mais cette mesure reste fragile. La justice suisse prévoit en effet la possibilité d'une levée d'écrou « moyennant diverses mesures demandées dont notamment le versement de sûretés ».

Face à cette perspective, la colère de la mère de Trystan Pidoux après l'incendie est palpable. Sur BFMTV, Vincianne Stucky n'a pas mâché ses mots pour qualifier cet éventuel aménagement de peine : « Le seul mot, c'est "ignominie". Trystan, Guillaume, Arthur et les 40 morts ont été tués. C'est presque une provocation ». Pour elle, laisser le suspect libre contre de l'argent reviendrait à nier la gravité du drame qui a coûté la vie à son enfant et à ses amis.

"Je suis morte le 3 janvier"

Au-delà des enjeux légaux, c'est le témoignage d'une femme brisée qui a ému l'opinion. Vincianne Stucky a confié se sentir « vide », affirmant n'avoir « plus rien à perdre maintenant ». Inconsolable, la mère de famille se confie : « Je suis morte le 3 janvier ».

Elle conserve précieusement le dernier message de Trystan reçu à 00h08 lors de la nuit du réveillon : « Bonne année gros bisous, je t'aime. Dis un gros bisou aux autres, je t'aime ». Quelques heures plus tard, l'adolescent perdait la vie.

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Tobias, le petit frère âgé de 14 ans, partage ce sentiment. Il a déclaré avoir « une haine énorme contre le propriétaire, mais aussi contre la commune », soulignant que les responsabilités pourraient aller au-delà de la simple gestion de l'établissement. L'instruction pénale ouverte vise d'ailleurs des chefs d'accusation lourds : lésions corporelles, incendie par négligence et homicide par négligence dans l'incendie du Constellation.

La crainte d'une injustice face aux preuves

L'inquiétude grandit quant à la préservation de la vérité judiciaire. Les proches et les amis de Trystan redoutent que la libération du suspect ne permette une « destruction des preuves ». Pour l'entourage, l'équation est simple : « Une négligence pareille, ça doit être puni », rapporte BFMTV.

En attendant, la famille se raccroche à ce qu'il reste de Trystan. Une chaise, un maillot de football floqué à son nom sont devenus des « vestiges précieux » dans une maison désormais trop silencieuse. 

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