Crans-Montana : une facture qui pourrait atteindre un milliard de francs
Depuis la nuit tragique du 1er janvier 2026, la station valaisanne vit au rythme des révélations judiciaires et des inquiétudes des familles. Alors que l'incendie du bar Le Constellation a causé la mort de 40 personnes et fait 116 blessés, la gestion de l'instruction par la justice cantonale suscite une incompréhension grandissante.
Des décisions de justice vivement contestées
La colère des parties civiles est montée d'un cran ce 23 janvier 2026. Contre toute attente, le Ministère public a validé la libération sous caution de Jacques Moretti. Bien que mis en examen, Jacques Moretti a pu quitter la détention provisoire moyennant le versement d'une caution fixée à 200 000 francs suisses et l'interdiction de quitter le territoire. Cette décision passe mal auprès des proches des victimes, qui craignent que la vérité ne soit altérée.
Simultanément, le parquet a opposé une fin de non-recevoir à une autre demande cruciale des avocats : le refus de nommer un procureur extraordinaire pour Crans-Montana. Le Ministère public valaisan estime disposer des ressources nécessaires et ne voit aucune raison « objective ni juridique » de se dessaisir du dossier. Une posture qui alimente les doutes sur l'impartialité de la procédure locale, alors que la commune elle-même a reconnu des failles dans ses contrôles de sécurité.
Une instruction sous le feu des critiques
Les avocats des victimes pointent du doigt une série de dysfonctionnements inquiétants. Ils dénoncent notamment la tardiveté de certaines perquisitions, les téléphones des suspects n'ayant été saisis que huit jours après le drame. Ces lenteurs alimentent les controverses sur l'enquête pénale, faisant craindre un risque de collusion ou de disparition de preuves.
Le couple Moretti doit répondre de chefs d'accusation lourds. La justice cherche à établir leur responsabilité pénale pour homicide par négligence, ainsi que pour les lésions corporelles et l'incendie par négligence. L'utilisation de fontaines pyrotechniques sur une mousse acoustique inflammable au plafond du sous-sol reste la cause privilégiée de cette catastrophe, un scénario qui aurait dû être évité par le respect des normes de sécurité élémentaires.
Un gouffre financier pour les victimes
Au-delà du volet pénal, la question des réparations s'annonce comme une seconde épreuve pour les survivants. L'estimation du coût du drame de Crans-Montana en milliards de francs suisses commence à circuler dans la presse locale. Selon une estimation du Nouvelliste, rapportées par Blick, "les prétentions civiles sont en cours d'évaluations dans les études d'avocats, mais une première estimation globale oscille entre 600 millions et un milliard de francs. Elle prend en compte les soins aux blessés, les pertes de revenus et le tort moral", indique le quotidien suisse.
Face à ces montants astronomiques, les garanties actuelles semblent dérisoires. L'assureur Axa Suisse a d'ores et déjà prévenu que les contrats, plafonnés à environ 40 millions de francs suisses, seront insuffisants. Cette disparité inquiète quant à l'indemnisation des victimes de l'incendie, qui pourraient se retrouver sans couverture adéquate.