Pouvoir d'achat : cette grande enseigne discount pourrait fermer 1 300 magasins en France !

Publié par Matthieu Chauvin
le 15/01/2026
Supermarché
Istock
Un célèbre discounter allemand est au cœur de la tempête: suite à l'accumulation de 1,3 milliard d'euros de pertes en cinq ans, la maison mère étudierait sérieusement un scénario de cession de ses 1 300 magasins en France. Malgré un démenti officiel, les chiffres sont accablants.
 

C’est un coup de tonnerre qui résonne dans le monde de la grande distribution. Selon les informations révélées par La Lettre, l'enseigne allemande Aldi envisagerait de quitter l'Hexagone. Face à des résultats financiers alarmants, le groupe aurait mandaté la Deutsche Bank pour explorer des options de sortie, mettant potentiellement en vente son parc de 1 300 magasins. Si la direction d'Aldi Nord s'empresse de démentir ces "spéculations" auprès de l'AFP, les chiffres, eux, ne mentent pas et dessinent une trajectoire inquiétante.

Ce possible désengagement intervient dans un contexte de crise aiguë pour la filiale française. Malgré des investissements massifs, l'enseigne peine à rentabiliser son modèle face à une concurrence féroce. L'heure est au bilan, et il est lourd pour le géant du hard-discount qui espérait pourtant conquérir le marché français.

Un mandat de vente confié à la Deutsche Bank

La rumeur enfle malgré les déclarations officielles se voulant rassurantes. La direction affirme son "engagement à long terme", mais la réalité comptable est impitoyable. Entre 2019 et 2023, la filiale française a accumulé 1,3 milliard d'euros de pertes cumulées. Cette hémorragie financière pèse lourdement sur la maison mère, qui semble désormais hésiter à poursuivre les frais. Dans ce contexte tendu, l'hypothèse d'une cession d'Aldi France est devenu un scénario crédible étudié en haut lieu, la Deutsche Bank ayant pour mission d'évaluer la valeur des actifs français et de sonder le marché.

Leader Price et la pub : les erreurs à l'origine du déclin

Pour comprendre cette débâcle, il faut remonter à 2020. Aldi rachète 800 magasins Leader Price au groupe Casino pour plus de 700 millions d'euros selon Le Parisien, espérant rivaliser avec Lidl. Mais la greffe n'a jamais pris. Les clients de l'enseigne française, habitués à un choix de 4 500 références, se sont retrouvés face à une offre austère de 2 500 produits. Cette incompréhension a provoqué une fuite massive vers la concurrence. Les analystes pointent aujourd'hui les lourdes conséquences de ce rachat, qualifié de "quasi-crash industriel" par certains experts.

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Le résultat est sans appel : la part de marché d'Aldi stagne autour de 3,1% selon l’institut Worldpanel by Numerator (au lieu des 3,8 % espérés), très loin derrière les 8,3 % du rival Lidl qui domine le secteur. L'enseigne n'a pas réussi à fidéliser la clientèle récupérée, transformant une opportunité de croissance en un fardeau opérationnel. Franck Rosenthal, expert de la grande distribution, explique aussi au Parisien : "Après avoir décidé de ne pas faire de pub, ce discounter a changé son fusil d’épaule, et a investi proportionnellement au moins trois fois plus que son poids en termes de parts de marché. Avec de telles dépenses, si les résultats commerciaux ne sont pas au rendez-vous, cela devient compliqué."

Des injections de capital à bout de souffle

Pour maintenir sa filiale à flot, l'Allemagne a dû mettre la main à la poche à plusieurs reprises. Une recapitalisation massive d'Aldi Nord France a eu lieu, atteignant près de 3 milliards d'euros au total depuis l'acquisition de Leader Price, dont 1,8 milliard rien qu'en novembre 2023 pour éponger les dettes. Malgré cela, les pertes continuent de creuser le déficit, et la maison mère rechigne désormais à remettre au pot.

Si la vente se confirme, l'avenir des 1300 magasins Aldi en France et de leurs 16 000 salariés serait en jeu. Des acteurs comme Carrefour ou le concurrent direct Lidl sont déjà évoqués comme repreneurs potentiels. Une telle opération laisserait peu de place à d'autres acteurs du discount alimentaire. Toutfois, toujours selon Franck Rosentha,l interrogé par nos confrères : "Même Intermarché et Coopérative U pourraient être sur les rangs [...] 3 % de parts de marché en plus, cela ne se refuse pas."

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